Pont académique entre l’Algérie et le Royaume-Uni : Oxford inaugure une « Chaire Emir Abdelkader »

L’université d’Oxford a inauguré vendredi une « Chaire Emir Abdelkader » au sein de son Centre for Islamic Studies (OCIS), consacrée à la recherche multidisciplinaire et au dialogue interculturel. À cette occasion, une salle publique du Centre a été baptisée « Salle Alger », marquant symboliquement la présence de l’Algérie dans cette prestigieuse institution.
La création de cette chaire a été officialisée par la signature d’un accord entre le ministre algérien de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Kamel Baddari, et le directeur du Centre, Dr Farhan Nizami. La cérémonie a réuni de nombreuses personnalités académiques et diplomatiques, dont le recteur de Djamaâ El-Djazair, Cheikh Mohamed Maâmoun Al Kacimi Al Hoceini, ainsi que les ambassadeurs d’Algérie et du Royaume-Uni.
Le ministre Baddari a salué un « tournant décisif » dans les relations universitaires entre Alger et Londres, affirmant que cette chaire « érige le dialogue en un partenariat académique et culturel durable ». Il a rappelé que l’initiative s’inscrit dans la continuité des liens historiques entre l’Emir Abdelkader et la Grande-Bretagne, et qu’elle prolonge la dynamique lancée par la commission mixte algéro-britannique créée en 2021.
Le recteur de Djamaâ El-Djazair a, pour sa part, mis en avant la pensée universelle de l’Emir Abdelkader comme modèle de paix mondiale et de tolérance. La chaire permettra d’accueillir des chercheurs invités, notamment algériens, et de développer des travaux dans les domaines des sciences humaines, sociales, littéraires et philosophiques, ainsi que sur le dialogue interreligieux.
Par ailleurs, la journée scientifique de samedi a été consacrée à l’exploration des dimensions intellectuelles et civilisationnelles de l’héritage du fondateur de l’État algérien moderne, tout en abordant des thématiques liées à l’enseignement supérieur, à la recherche scientifique, à l’économie et au développement dans le cadre des relations entre l’Algérie et le Royaume-Uni.
Une pensée universelle
En ouverture, le recteur de Djamaâ El-Djazair a insisté sur la portée profonde de cette initiative. Selon lui, la création de cette chaire ne se limite pas à honorer une figure historique, mais vise à inscrire l’expérience humaniste et intellectuelle de l’Emir Abdelkader dans le débat académique contemporain. Il a rappelé que l’Emir incarne une personnalité complète, alliant leadership politique et militaire, construction institutionnelle, pensée scientifique, éducation spirituelle et vision universelle.
Le recteur a souligné que l’édification de l’État algérien moderne par l’Emir reposait sur la consolidation des institutions, l’organisation de la société et la valorisation du savoir comme moteur de progrès. Il a également mis en avant la dimension spirituelle de son héritage, notamment son attachement aux valeurs de dignité humaine, de coexistence et de protection des vies, qui lui ont valu une reconnaissance mondiale.
La journée a été marquée par plusieurs débats académiques. La première session a porté sur l’héritage et la place historique de l’Emir Abdelkader, avec la participation de chercheurs d’Algérie, d’Oxford et de Westminster. La deuxième a exploré l’état des sciences, des technologies et de l’enseignement supérieur en Algérie, en présence du ministre de l’Enseignement supérieur et de spécialistes internationaux. La troisième s’est intéressée aux questions économiques et aux perspectives de coopération algéro-britannique, réunissant des experts académiques et diplomatiques des deux pays.
Un volet culturel a également enrichi le programme, avec une exposition consacrée au patrimoine algérien. Les travaux se sont achevés par une rencontre entre le ministre de l’Enseignement supérieur et le recteur de Djamaâ El-Djazair avec des membres de la communauté académique algérienne installée au Royaume-Uni.
La « Chaire Emir Abdelkader » est appelée à devenir une plateforme internationale pour la recherche et le dialogue autour de la pensée islamique, des valeurs de coexistence et des relations entre civilisations. Elle représente une avancée significative dans la coopération scientifique et culturelle entre Alger et Londres, tout en renforçant la visibilité internationale de la production académique algérienne.
M. Salah
