Tentative d’homicide lors d’une traversée clandestine : 10 ans de réclusion en appel pour le passeur
Jugé en appel par le tribunal criminel de la cour d’Oran, R. Amine a été condamné à 10 ans de réclusion pour tentative d’homicide volontaire, une peine confirmant celle prononcée en première instance.
L’affaire remonte à la nuit du 5 décembre 2022, lorsque des garde-côtes en patrouille au large de Cap Falcon, repèrent un homme en détresse dans l’eau, en pleine nuit glaciale. L’homme, en état d’hypothermie avancée, est immédiatement secouru, transporté aux urgences et pris en charge à temps par les médecins.
Interrogé, le jeune homme, se présentant comme A. N., originaire de Tizi-Ouzou, explique qu’il était venu à Oran pour tenter une traversée clandestine vers l’Europe. Il affirme avoir été jeté à la mer par ses passeurs, qui voulaient lui voler l’argent du voyage. Selon son récit, c’est son cousin vivant à Oran qui l’avait mis en contact avec un certain B. M., organisateur du passage, pour la somme de 90 millions de centimes, à remettre à l’arrivée par son cousin.
Le jour du départ, la victime remarque que l’embarcation est trop petite pour affronter la haute mer. Les passeurs lui assurent qu’ils vont rejoindre une autre embarcation plus grande au large. Une fois en pleine mer, il est violemment jeté à l’eau. Il doit sa survie à ses compétences en natation et à son endurance au froid. Entendant le bruit d’un moteur, il crie de toutes ses forces jusqu’à ce que les garde-côtes le repèrent.
L’enquête menée par les services de sécurité permet d’arrêter un premier suspect, qui avoue les faits. Il déclare que le plan consistait à extorquer l’argent au jeune homme puis le faire disparaître en mer. Grâce à ses aveux, un deuxième complice est interpellé, tandis que le troisième, R. Amine, reste en fuite. Ce dernier aurait contacté ses complices depuis la terre ferme, confirmant avoir reçu les 90 millions promis par le cousin. Il sera arrêté un peu plus tard.
Lors du premier procès, les accusés ont nié en bloc, affirmant que l’homme était monté avec eux pour une simple partie de pêche, et que sa chute en mer était un accident.
A la barre, lors du procès en appel, les mis en cause ont continué de rejeter les accusations et toute implication dans ce dossier. L’avocat de R. Amine, notamment, a plaidé la non-culpabilité, évoquant l’absence de preuves matérielles telles que des communications téléphoniques entre lui, les coaccusés et la victime.
Malgré cette ligne de défense, le représentant du ministère public a requis la réclusion criminelle à perpétuité.
Zemmouri. L
