Trafic de stupéfiant et faux billets : 10 ans de réclusion pour les accusés
Le tribunal criminel d’appel de la Cour d’Oran a rendu son verdict dans une affaire de trafic international de drogue remontant à 2022. Suite aux délibérations, les quatre principaux mis en cause, F.F., T.H., Ch.S. et H.M.A., ont été condamnés à dix ans de réclusion criminelle pour trafic de stupéfiants au sein d’une organisation criminelle organisée. En revanche, trois autres prévenus poursuivis pour les mêmes griefs, K.W., B.A. et B.M., ont bénéficié d’un acquittement. Le représentant du ministère public avait requis 20 ans de réclusion à l’encontre des accusés.
L’affaire a éclaté à la suite d’investigations menées par les services de la Gendarmerie nationale, qui ont permis de mettre au jour un réseau bien structuré et de saisir une somme globale de 1,75 milliard de centimes, dont l’examen a révélé qu’elle contenait 30 millions de centimes en faux billets. Selon les éléments de l’enquête, ces fonds, divisés en deux tranches de 900 millions et 850 millions de centimes, étaient destinés à l’acquisition de deux importantes cargaisons de kif traité, pesant respectivement 30 et 40 kg. Introduite sur le territoire national via Aïn Sefra, la marchandise devait transiter par Oran avant d’être acheminée et écoulée au niveau de la capitale.
Un agent infiltré a réussi à établir le contact avec le fournisseur, de nationalité marocaine, et s’est vu confier le rôle de transporteur de la drogue vers Oran. Cette opération a conduit à l’interception d’un premier véhicule à bord duquel se trouvaient F.F. et T.H., en possession de la première somme de 900 millions de centimes. Les investigations complémentaires ont ensuite permis de saisir les 850 millions restants chez le nommé Ch.S.
À la barre, l’ensemble des accusés ont nié les faits, se rejetant mutuellement la responsabilité ou plaidant l’ignorance. F.F., arrêté en possession des fonds, a soutenu qu’il ne faisait que transférer l’argent à la demande de son voisin de quartier, H.M.A. Le chauffeur de taxi qui l’accompagnait, T.H., a quant à lui clamé son innocence, affirmant n’avoir découvert le motif de son arrestation qu’après coup. De son côté, H.M.A. a nié toute implication, attribuant sa mise en cause aux déclarations d’un agent suspendu, lui-même lourdement condamné dans d’autres affaires de stupéfiants à Relizane.
Concernant les autres prévenus, les caméras de surveillance avaient enregistré le véhicule de B.A. stationné devant le domicile de H.M.A., mais l’intéressé a réfuté être le destinataire des fonds. Ch.S., chez qui la seconde tranche d’argent a été découverte, a affirmé n’être qu’un simple consommateur, désignant H.M.A. comme son fournisseur. Enfin, K.W., qui comparaissait libre, a justifié la citation de son nom par un vieux différend financier en devises étrangères avec l’un des coaccusés.
Présenté par l’enquête comme le cerveau présumé du réseau sous le pseudonyme de « Masoud Chaoui », B.M., sorti de prison quatre mois avant les faits et diminué physiquement à la suite d’un accident survenu en juillet 2023, a comparu en fauteuil roulant pour clamer, lui aussi, son innocence avant d’être finalement acquitté.
Zemmouri L.
