Tribunal criminel d’appel : L’affaire des 112 kg d’ecstasy à la barre
Suite au double appel interjeté par le parquet et les trois accusés, F. Sofiane, K. Mohamed et S. Amine, le tribunal criminel d’appel a condamné les deux premiers à 12 ans de réclusion et le troisième à 20 ans. En première instance, ces prévenus avaient écopé de 15 et 20 ans de réclusion criminelle, tandis que la perpétuité avait été prononcée par contumace contre les membres du réseau en fuite, dont une femme qui dirigeait l’organisation.
Les mis en cause devaient répondre des chefs d’inculpation de détention, transport et stockage de psychotropes au sein d’un groupe criminel organisé, ainsi que de blanchiment d’argent et de détention de faux billets de banque.
L’affaire a éclaté grâce à des renseignements parvenus aux services de lutte contre le narcotrafic, signalant qu’une certaine K. Souad s’apprêtait à réceptionner une importante cargaison de psychotropes. Les investigations ont permis de localiser les deux domiciles de cette suspecte, situés à Maraval et à Choupot, avant qu’elle ne soit repérée à bord d’une Peugeot 208 en compagnie de son compagnon Z. S. Walid.
C’est dans ce contexte que, le 30 juin 2024, S. Amine a été intercepté au volant d’une Renault Scénic à sa sortie du port de Ghazaouet, en provenance d’Almeria. Le passage du véhicule au scanner a révélé l’existence de caches aménagées sous les sièges. La fouille minutieuse a débouché sur la saisie de 251 623 comprimés d’ecstasy, pour un poids total estimé à 112,40 kg.
Face à cette découverte, le conducteur est passé aux aveux, affirmant qu’un certain A. Nour El Islam, dit « Karim », avait dissimulé la drogue dans la voiture. Il a ajouté que le véhicule avait été conduit de France jusqu’en Espagne par B. M. Rayane, un individu s’activant dans la contrebande de cigarettes aux côtés de deux complices, A. Nour El Islam et L. Abdelkader.
De son côté, F. Sofiane a désigné la jeune femme et son compagnon comme les principaux superviseurs de cette opération d’importation depuis la France. Il a également révélé qu’un mot de passe avait été convenu entre les trafiquants pour sécuriser la transaction. Par ailleurs, il a expliqué que K. Mohamed, un cambiste, gérait habituellement la conversion des devises en dinars pour le compte des accusés en fuite, notamment B. M. Rayane établi en France. Lors de cette ultime transaction, le cambiste lui avait préparé la somme de 8 millions de dinars. Des coupures de 1 000 et 2 000 DA en faux billets ont d’ailleurs été saisies dans son kiosque.
À la barre du tribunal criminel, S. Amine a clamé avoir été piégé par les commanditaires basés en France. Selon sa version, ces derniers lui avaient fait croire qu’il s’agissait d’introduire clandestinement un million d’euros destiné à la création d’une entreprise en Algérie pour employer des proches d’émigrés, une mission pour laquelle il devait toucher 10 000 euros. Il a assuré avoir été totalement surpris par la découverte de l’ecstasy.
Le deuxième accusé a fermement nié toute complicité, tandis que le cambiste a reconnu s’adonner au change parallèle mais a juré qu’il ignorait tout de l’origine criminelle des fonds.
Le représentant du ministère public a requis la réclusion à perpétuité contre l’ensemble des accusés.
Zemmouri L.
