14e édition de la NAPEC : Le monde de l’énergie et de l’hydrogène réuni à Oran

La 14e édition du Salon et de la Conférence sur l’énergie et l’hydrogène en Afrique et en Méditerranée (NAPEC-2026) s’est ouverte lundi au Centre des conventions d’Oran Mohamed-Benahmed, lors d’une cérémonie présidée conjointement par le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, et le ministre de l’Energie et des Energies renouvelables, Mourad Adjal.
Se déroulant du 5 au 7 octobre sous le thème « Vers une nouvelle approche du mix énergétique : de la transition énergétique à l’addition énergétique, pour garantir la sécurité énergétique, l’accessibilité des prix et la décarbonation », cette manifestation réunit plus de 450 exposants et 230 intervenants représentant les principaux acteurs des hydrocarbures, des services pétroliers et des technologies liées à la transition énergétique.
L’événement réunit un parterre important de responsables nationaux et internationaux, parmi lesquels le président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA), Kamel Moula, le PDG du groupe Sonatrach, Noureddine Daoudi, le directeur général du groupe Sonelgaz, Nabil Kafi, ainsi que les responsables de l’ALNAFT, Abdelkader Cherfaoui, et de l’ARH, Amine Remini. S’y ajoutent le Secrétaire général de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), Farid Ghezali, le président de la Chambre de commerce américaine en Algérie, Warren Murdoch, la conseillère du président de la République de Namibie pour les affaires du pétrole et du gaz, Kornelia Shilunga, ainsi que de nombreux ambassadeurs, délégations diplomatiques, autorités locales et experts du secteur.
Outre les acteurs publics algériens comme Sonatrach, Sonelgaz, Naftal, l’ALNAFT et l’ARH, ainsi que des entreprises spécialisées dans le forage et les services pétroliers, le salon enregistre une forte participation internationale. Des géants mondiaux de l’énergie et de l’industrie tels que TotalEnergies, Eni, ExxonMobil, Equinor, Pertamina, SLB, Halliburton, Baker Hughes, Chevron, Occidental Petroleum (Oxy) et Petrofac y prennent part aux côtés d’équipementiers et de fournisseurs de solutions technologiques comme Siemens Energy, ABB et Alfa Laval.
Cette présence massive de délégations et d’entreprises venues d’Europe, d’Asie et d’autres régions confirme, selon les organisateurs, le statut du NAPEC en tant que plateforme stratégique d’échanges et de partenariats autour des hydrocarbures, de l’hydrogène, de la décarbonation et des nouvelles technologies. Cette édition met un accent particulier sur l’évolution du mix énergétique et la recherche de solutions d’équilibre entre la sécurité des approvisionnements, des prix accessibles et la réduction des émissions de carbone.
Ainsi, dès hier, les participants se sont attelés à examiner les nouvelles technologies dans le secteur des hydrocarbures, la valorisation des gisements matures, l’amélioration de la productivité des puits et l’optimisation des infrastructures et des actifs existants.
Dans son allocution d’ouverture, le ministre d’Etat, ministre des Hydrocarbures, Mohamed Arkab, a souligné que le gaz naturel continuera de jouer un rôle important dans le mix énergétique, en tant que source de flexibilité énergétique, élément de valorisation industrielle des ressources et combustible central d’un système énergétique plus efficace et plus propre.
Il a ainsi expliqué que le gaz naturel conservera un rôle important dans la satisfaction des besoins énergétiques, compte tenu de sa capacité à soutenir la flexibilité des systèmes énergétiques et à contribuer au développement de l’activité industrielle.
Il précisera aussi que les prévisions internationales confirment la persistance de la demande de pétrole et de gaz au cours des prochaines décennies, ce qui souligne, a-t-il ajouté, la nécessité de poursuivre les investissements dans ce secteur, parallèlement au développement des énergies propres et des technologies à faibles émissions de carbone.
Approche équilibrée du mix énergétique
Par ailleurs, l’accent a été mis sur l’importance d’adopter une approche équilibrée du mix énergétique, fondée sur l’exploitation et le développement des différentes sources d’énergie afin de répondre à la demande croissante, tout en renforçant l’efficacité énergétique et en réduisant les émissions.
Dans cette perspective, a-t-on noté, l’Algérie poursuit la valorisation et l’exploitation responsables et durables de ses ressources en hydrocarbures, une manière de contribuer à la consolidation de sa position de fournisseur d’énergie fiable, à financer l’économie nationale et à favoriser un développement global.
Le ministre a ainsi souligné que l’Algérie s’emploie à renforcer son rôle en tant que plateforme énergétique et industrielle reliant l’Afrique, la Méditerranée et l’Europe, en tirant parti de sa position géographique stratégique, de ses infrastructures, de ses capacités industrielles et de son expérience opérationnelle, ainsi que de sa volonté de bâtir des partenariats à long terme.
C’est en application des orientations du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, que le gouvernement poursuit, dira le ministre d’Etat, ses efforts dans le développement et la modernisation du secteur des hydrocarbures, à travers l’intensification des investissements dans les infrastructures pétrolières et gazières, l’augmentation des capacités de production et de stockage, l’élargissement de la base des réserves, le renforcement des capacités de transport et l’amélioration de la valorisation des ressources nationales.
Pour ce qui est de la performance carbone, M. Arkab a souligné que l’Algérie, à travers le groupe Sonatrach, accorde une importance croissante à la réduction des émissions, à l’amélioration de l’efficacité énergétique et à la mesure de la performance climatique.
Il a précisé que le groupe prévoit d’éliminer le torchage routinier du gaz à l’horizon 2030 et d’atteindre, à la même échéance, des niveaux proches de zéro en matière d’émissions de méthane.
De son côté, le ministre de l’Energie et des Energies renouvelables, Mourad Adjal, a affirmé que l’Algérie misait sur le développement de l’hydrogène renouvelable et la mise en place d’une chaîne de valeur nationale intégrée dans ce domaine, afin de renforcer ses capacités industrielles et technologiques et d’accompagner sa transition vers un système énergétique plus durable.
En prenant la parole, M. Adjal a en effet expliqué que le développement de la filière hydrogène nécessite un investissement dans l’ensemble de ses maillons, et ce depuis la production d’énergie et la fabrication des équipements jusqu’à l’électrolyse, la production, le stockage et le transport de l’hydrogène.
Corridor Sud de l’hydrogène
Il a également insisté sur « l’importance de renforcer les investissements dans la recherche et développement, l’innovation et la formation des compétences, afin de consolider les capacités nationales, de maîtriser les technologies liées à l’hydrogène et de favoriser l’émergence d’une nouvelle dynamique industrielle et technologique ».
Dans cette optique, le ministre a mis en exergue l’importance stratégique que revêt le Corridor Sud de l’hydrogène, reliant l’Afrique du Nord à l’Europe. Un Corridor que le ministre a qualifié de levier d’intégration régionale et euro-méditerranéenne et de renforcement de la sécurité et de la diversification des approvisionnements énergétiques.
D’ailleurs, pas plus loin que le 1er octobre, a-t-il rappelé, l’Algérie, la Tunisie, l’Italie, l’Autriche et l’Allemagne ont signéla »Déclaration ministérielle d’Alger » relative à ce projet.
M. Adjal n’omettra pas, non plus, de parler du projet d’Alliance algéro-européenne pour l’hydrogène »ALTEH2A », précisant que les premiers résultats de l’étude de faisabilité devraient être disponibles en 2027.
Feriel T
