Ce que j’en pense: Djanitou, fils de Zaid
Par Moncef Wafi
Alors que des milliers de Palestiniens se font moudre littéralement sous les bombes meurtrières de l’entité sans nom, munitions payées par les contribuables américains, canadiens et européens ; alors que Sissi, Abdellah II, M6 et MBS sortent les mouchoirs morveux de Boadbil, les Emirats sionistes unis ont accueilli le Premier ministre indien, Narendra Modi pour inaugurer, à Abou Dhabi, le plus grand temple hindou en pierre traditionnelle du Moyen-Orient. Chez lui, à New Delhi, il a fait raser un sanctuaire soufi presque millénaire.
Pour ceux qui ne le savent pas encore, cet illuminé, adorateur de ruminants nomades, est directement responsable de pogroms antimusulmans en 2002 qui avaient fait jusqu’à 2.000 morts et ont provoqué un traumatisme indélébile dans la communauté musulmane. Ce n’est pas le chroniqueur qui accuse, mais les chiffres sont révélés par une enquête de la BBC dont New Delhi a voulu censurer le film documentaire. Si les fils de Zaid sont dans leur logique ancestrale de vassaux des sionistes, les adorateurs du veau sont devenus les premiers alliés des adorateurs du veau d’or, un ennemi en commun en mire.
Aux lendemains du 7 Octobre béni, des milliers de photos et de vidéos détournées de leur contexte d’origine ont été partagées dans le cadre d’une campagne de désinformation en faveur du scénario sioniste. Mi-octobre, une analyse de tendances sur X montrait qu’une large majorité des messages partagés avec les hashtags #IsraelUnderAttack ou #IStandWithIsrael venaient d’Inde. Si cette origine avait de quoi surprendre les plus incrédules, aucun doute n’était plus possible sur les intentions génocidaires des Djanitou locaux ou naturalisés, à l’image de Rishi Sunak, le Premier ministre anglais et de l’islamophobe Suella Braverman, l’ex ministre anglaise de l’Intérieur.
L’Inde, bien qu’éloignée du conflit, est devenue la plaque tournante des fausses informations et des propos islamophobes. Sur les réseaux sociaux, comme sur les chaînes d’information, les extrémistes hindous exprimaient, en toute liberté, leur haine des musulmans sous couvert de soutien à Israël. Pour le parti hindou d’extrême droite BJP à la tête du pays, l’État hébreu représente un modèle de régime nationaliste et religieux. Au pouvoir depuis 2014, le parti nationaliste hindou considère partager les mêmes problématiques sécuritaires que le pouvoir israélien. Narendra Modi et Adolphe Netanyahu ne se cachant plus pour vivre au grand jour un amour aryen.
Désormais Premier ministre, le dirigeant nationaliste a fait de l’Inde l’un des plus gros alliés de l’entité sans nom, derrière les États-Unis, ouvrant ses ports pour acheminer vivres et mercenaires, envoyés se faire la main sur les Palestiniens pour mieux s’occuper des musulmans du Cachemire, comme ils le promettent.
Cette haine viscérale des musulmans, coupables aux yeux des nationalistes hindous de la séparation de l’Inde en deux, se déverse en torrents boueux, débordant jusque dans les rues dévastées de Ghaza. Alors que les mosquées sont brûlées sur les terres de Djanitou, le fils de Zaid n’a pas trouvé mieux que de souiller la sienne de terre de l’encens des étables alors que les Ghazaouis meurent de faim.