Déjà quatre morts depuis le 1er novembre: La menace du monoxyde de carbone revient

Comme chaque année en période hivernale, le gaz naturel appelé « le monoxyde de carbone » risque de faire son retour dans l’actualité.
Considéré comme « un tueur silencieux », ce gaz est particulièrement sournois et dangereux car il est difficile à déceler. Il se diffuse rapidement dans l’air ambiant et est inhalé par les victimes sans même qu’elles ne s’en rendent compte. Chaudières, chauffages, chauffe-bains ou autres équipements domestiques peuvent être à l’origine de drames s’ils sont mal entretenus ou utilisés.
Les services de la Protection civile poursuivent leur campagne de sensibilisation menée à travers toutes les wilayas du pays, pour prévenir le risque des accidents dus au monoxyde de carbone (CO). C’est ce qu’a indiqué, avant-hier, le chargé de l’information à la Direction générale de la Protection civile, le lieutenant Youcef Abdat dans une déclaration à l’APS. Ce responsable a expliqué que cette campagne, entamée début octobre dernier, se poursuit à travers la distribution de dépliants et des émissions radio et télévisées, ou encore à travers une sensibilisation sur les réseaux sociaux. La Protection civile appelle les citoyens à appliquer des mesures préventives afin d’éviter les incidents liés à l’utilisation des appareils de chauffage, tout en s’assurant de la bonne aération et à vérifier les batteries des détecteurs de monoxyde de carbone, ainsi que leur bon fonctionnement et installation.
Les unités de la Protection civile ont enregistré, depuis le 1er novembre en cours, quatre décès par asphyxie au monoxyde de carbone émanant de fuites de gaz. Pas moins de 114 personnes ont été secourues à travers plusieurs wilayas. Pour rappel, 156 personnes ont péri et 3025 autres ont été secourues, en 2023, suite à l’inhalation du CO. Rien que dans la wilaya d’Oran, la Protection civile a déploré 10 décès par le monoxyde de carbone et 63 personnes secourues l’année dernière.
En dépit de ces campagnes de sensibilisation, certaines personnes négligent malheureusement les mesures de prévention. La Protection civile n’a cessé, par exemple, de recommander aux ménages de réparer toute fuite de gaz qui est invisible et inodore qui peut provenir des conduites.
Un danger mortel
Face à ce danger mortel, l’observatoire régional de la santé d’Oran (ORS) a émis en avril dernier, de sévères mises en garde à destination du grand public. « En dépit de toutes les campagnes de prévention et de sensibilisation menées régulièrement par plusieurs acteurs dont la Protection civile, le danger demeure un défi de santé publique», est-il déploré dans le dernier numéro de mars 2024 du Bulletin épidémiologique trimestriel de cet observatoire régional de santé publique. A l’échelle de l’Oranie, l’ORS met en avant des statistiques «durant l’année 2022 qui a enregistré 404 cas d’intoxication dont 12 décès». Les circonstances liées aux intoxications sont répétitives avec des installations d’appareils non conformes, des chauffe-eaux dans les salles de bain, l’absence de ventilation et des conduits d’aération bouchés. L’aération même en hiver est fortement recommandée en plus des gestes techniques liés à l’entretien des appareils et des systèmes d’évacuation.
L’observatoire régional de la santé a mis en garde, dans son bulletin, contre les dangers de l’intoxication au monoxyde de carbone qui, souvent, conduit à la mort. Ces avertissements s’inscrivent dans le cadre d’une campagne de sensibilisation aux dangers de l’asphyxie par ce gaz dont les taux s’accentuent en cette période de basse température. « Toxique et inodore, le monoxyde de carbone est le résultat d’une mauvaise combustion quelle que soit le combustible (gaz butane, charbon, essence, gaz naturel, pétrole, fuel ou propane) », précise le bulletin expliquant que « la densité du monoxyde de carbone est similaire à celle de l’air d’où sa propagation rapide dans l’espace ». « L’inhalation de ce gaz permet à ce dernier de remplacer l’oxygène dans le sang et de s’adapter aux protéines transportant l’oxygène ce qui pourrait entraîner la mort », explique le bulletin.
G. Salima
