Rentrée scolaire : Hausse des prix des fournitures

À Oran, la rentrée scolaire 2025-2026 s’annonce particulièrement difficile pour les familles. Alors que les autorités annoncent des efforts pour améliorer les infrastructures éducatives, les parents se retrouvent confrontés à une double pression : le coût élevé des fournitures scolaires et les difficultés liées au transport.

Selon les chiffres officiels, environ 222 435 élèves seront scolarisés à Oran cette année. Pour y faire face, la wilaya a prévu la livraison de 31 groupes scolaires, 16 collèges et 137 classes d’extension, ainsi que 51 cantines scolaires, dont 41 seront opérationnelles dès la rentrée. Malgré ces efforts, des retards persistent dans certaines communes, notamment à Arzew, où des écoles endommagées par le séisme de 2022 n’ont pas encore été réhabilitées.
Parallèlement, les prix des fournitures scolaires connaissent une hausse significative. Dans les marchés populaires tels que M’dina Jdida et El Hamri, les prix des articles scolaires ont augmenté de 20 à 40 % par rapport à l’année précédente. Un commerçant local affirme que « les coûts d’importation ont grimpé, et cela se répercute sur les prix. »
Face à ces hausses, de nombreux parents se tournent vers les marketplaces numériques et les pages Facebook locales pour trouver des fournitures à des prix plus abordables. Sur des groupes tels que Souk El Hamri Online ou Oran Marketplace, les annonces de fournitures scolaires se multiplient, offrant parfois des prix plus compétitifs que dans les magasins traditionnels.
Cependant, la question du transport reste un défi majeur. Les lignes de bus sont souvent saturées, et les taxis collectifs, faute de régulation des prix, imposent des hausses jugées abusives par les usagers. Un habitant de Hai El Hamri explique que son fils doit prendre deux bus pour aller au lycée alors que le ticket est passé à 50 DA. « Cela représente presque 4 000 DA par mois rien que pour le transport. »
Parmi les familles touchées, Hakim, père de trois enfants scolarisés, confie : « Cette année, j’ai dû acheter des cartables et des tabliers sur Facebook pour économiser quelques milliers de dinars. Même avec ces efforts, mon budget est dépassé avant la rentrée. »
De son côté, Sadouk, père d’un adolescent en lycée et d’une fille en collège, raconte : « Entre le transport, les fournitures et les uniformes, je dépense plus de 25 000 DA ce mois-ci. On se débrouille comme on peut, mais chaque rentrée est un vrai casse-tête pour nous.
Du côté des commerçants, la rentrée est tout autant un défi qu’une opportunité. Mohamed, vendeur de fournitures à El Hamri, explique : « Cette année, nous avons dû augmenter nos commandes de tabliers et de cahiers dès juillet, car les importateurs ont eux-mêmes augmenté leurs prix. Certains articles que nous payions 250 DA l’année dernière nous reviennent aujourd’hui à 350 DA. Nous essayons de ne pas répercuter toute la hausse sur les clients, mais c’est difficile. »
Ali, qui tient une librairie dans M’dina Jdida, ajoute : « Nous achetons nos cahiers, crayons et stylos sur les marketplaces locales et auprès de distributeurs officiels. Pour certains produits importés, les délais de livraison sont longs, donc nous sommes souvent obligés d’acheter en plus grande quantité pour ne pas être en rupture. Cela pèse sur notre trésorerie. » Les vendeurs confirment que, face à la demande accrue et aux variations de prix, beaucoup de familles se tournent désormais vers Facebook et les marketplaces pour trouver de meilleures affaires.
O.A Nadir

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