Hôtellerie: La wilaya met en concession le Tassili et le Murdjadjo

La wilaya d’Oran s’apprête à franchir un nouveau pas dans la valorisation de son patrimoine immobilier. Deux établissements hôteliers publics emblématiques, l’hôtel Tassili et l’hôtel Murdjadjo, vont être loués par le biais d’une concession à des opérateurs privés.
L’objectif affiché : redynamiser ces infrastructures historiques tout en générant de nouvelles ressources financières pour la collectivité.
L’hôtel Tassili, anciennement connu sous le nom d’Hôtel Thierry ou Café Riche, est niché au cœur de la ville, dans le passage Larbi El Hadj (ex-passage Thierry). Ce bâtiment datant de l’époque coloniale était jadis un établissement deux étoiles bien réputé, équipé d’un restaurant et d’une discothèque. Il faisait partie du paysage urbain oranais et accueillait autrefois une clientèle locale et étrangère. Quant à l’hôtel Murdjadjo, lui aussi remonte à l’époque coloniale. Moins connu du grand public, il n’en reste pas moins un témoignage architectural d’une autre époque, situé dans un secteur stratégique de la ville.
La Direction de l’Administration Locale (DAL) de la wilaya supervise cette opération de concession. Elle s’inscrit dans une stratégie plus large de valorisation des biens immobiliers publics, dont la wilaya d’Oran dispose en nombre : anciens hôtels, locaux commerciaux, immeubles vacants…
En confiant leur gestion à des professionnels, l’administration espère redonner vie à ces établissements tout en assurant des recettes stables à long terme. Le cahier des charges de la concession impose d’ailleurs des conditions strictes : le futur gestionnaire devra justifier d’une expérience confirmée dans le secteur hôtelier. L’objectif est d’éviter les mésaventures de concessions passées mal gérées, et d’assurer une exploitation sérieuse et durable de ces actifs. Cette initiative intervient dans un contexte où Oran cherche à renforcer son attractivité touristique.
Après les Jeux Méditerranéens de 2022, la ville a vu émerger de nouvelles infrastructures, mais de nombreux établissements hôteliers anciens restent fermés ou sous-exploités. La remise en service du Tassili et du Murdjadjo pourrait combler une partie du déficit en capacité d’accueil et encourager le développement d’un tourisme urbain et patrimonial. Les professionnels du secteur saluent cette ouverture. Selon un hôtelier oranais, «la mise à disposition de ces structures à des professionnels qualifiés est une bonne chose, à condition que les critères soient appliqués rigoureusement. Il en va de la crédibilité du projet».
La réussite de cette double concession pourrait faire école dans d’autres wilayas disposant elles aussi de bâtiments à haute valeur patrimoniale, laissés en friche. Pour Oran, c’est également une manière de conjuguer mémoire urbaine et développement économique, en réconciliant le passé et le futur de la ville.
G. Salima
