Marché financier algérien: Une nouvelle loi en préparation

Le projet de nouvelle loi sur le marché financier en Algérie, actuellement étudié par le ministère des Finances, marque une étape importante dans la modernisation de ce secteur.
Cette réforme vise à renforcer l’attractivité de la Bourse d’Alger et à diversifier les outils financiers proposés, selon Youssef Bouznada, président de la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de Bourse (COSOB).
En marge de la conférence annuelle du marché financier algérien, tenue au Centre international des conférences Abdellatif Rahal à Alger, Bouznada a souligné que le projet de loi introduirait des mécanismes innovants, notamment l’implication des compagnies d’assurances comme intermédiaires en opérations boursières ; l’intégration des sukuks islamiques, pour encourager la finance islamique ; le développement de la finance verte, répondant aux enjeux environnementaux contemporains.
Ces mesures remplaceront le décret législatif 93/10 de 1993, apportant un cadre juridique plus robuste et adapté à l’évolution des marchés.
Par ailleurs, la Bourse d’Alger connaît actuellement un regain d’activité, notamment grâce à l’introduction récente du Crédit Populaire d’Algérie (CPA) et aux efforts des autorités pour encourager l’investissement boursier. Cependant, Bouznada a reconnu que la culture boursière reste limitée parmi les citoyens et les entreprises algériennes. La COSOB travaille donc à renforcer la sensibilisation et l’éducation financières.
Cet événement a réuni des experts algériens et internationaux venant du Moyen-Orient, d’Afrique et du Fonds Monétaire Arabe (FMA). Les discussions ont porté sur les défis et les opportunités des marchés financiers, mettant en lumière les enjeux de liquidité, de numérisation, et de réglementation.
Ali Ben Dhabb, représentant du FMA, a salué les « progrès très positifs » réalisés par la Bourse d’Alger, tout en appelant à une expansion du marché, notamment par une numérisation accrue des transactions et une simplification des procédures. Il a également insisté sur le rôle crucial des fintechs et de l’intelligence artificielle dans l’avenir des marchés financiers.
Saleh Sayel, président de la Commission des marchés financiers de Tunisie, a partagé l’expérience tunisienne, où les réformes financières de 1995 ont conduit à une capitalisation boursière de 26 milliards de dinars tunisiens. Ce modèle pourrait inspirer des évolutions similaires pour le marché algérien.
Mehdi Salah

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