Tribunal d’appel : Sept ans de prison ferme pour distribution de faux billets

Le tribunal d’appel d’Oran a condamné, ce lundi, B. Abdelkrim à sept années de prison ferme pour les accusations de détention et distribution de faux billets, ainsi que pour faux et usage de faux. Deux autres accusés ont été, eux, acquittés, le tribunal ayant considéré que les charges retenues contre eux n’étaient pas motivées. Ce verdict confirme celui prononcé par le tribunal de première instance.
Cette affaire a éclaté le 20 juin 2022 à la suite d’informations parvenues aux services de la police d’Oran concernant un réseau de distribution de faux billets en devises étrangères impliquant un ressortissant nigérian. Selon ces renseignements, une importante quantité de faux billets devait d’ailleurs être envoyée depuis Espagne vers Oran par voie de DHL.
Une enquête a été ouverte par les services de sécurité et un dispositif a été mis en place pour surveiller les mouvements de suspects présumés.
Ainsi, un premier suspect, en l’occurrence B. Abdelkrim, est arrêté alors qu’il retirait un colis qui arrivait justement d’Espagne, au bureau DHL situé dans le quartier de Gambetta. Lorsqu’ils ouvrent le colis en question, les services de police découvrent qu’il contient quelque 10.000 dollars. L’expertise effectuée plus tard révélera qu’il s’agissait effectivement de fausse monnaie.
Interrogé, Abdelkrim explique comment il avait reçu cet argent, tout en niant savoir qu’il s’agissait de faux billets. Il précise avoir fait la connaissance sur les réseaux sociaux d’un certain Idriss Aissa, probablement d’origine subsaharienne. Ce dernier, résidant en Espagne, lui aurait proposé un travail consistant à recevoir de l’argent en devises et à le distribuer, en lui permettant de conserver une marge bénéficiaire. Une proposition que le premier mis en cause a acceptée. Il a également expliqué qu’Idriss lui avait envoyé un premier colis qu’il avait retiré grâce à l’intervention d’un ami travaillant à la poste. Le paquet contenait 2.500 dollars, qu’il a vendus sur le marché parallèle avant d’envoyer à ce ressortissant africain ce qui lui était dû, tout en gardant la somme qu’Idriss lui avait promise.
Cependant, il est apparu que les billets qu’Idriss lui envoyait depuis l’Espagne étaient falsifiés mais le mis en cause certifie qu’il ignorait tout de cette opération criminelle.
Cité lundi à la barre du tribunal criminel d’appel, B. Abdelkrim a maintenu ses dénégations, insistant sur le fait qu’à aucun moment il n’avait pensé qu’il s’agissait de faux billets. «Mon seul but était d’avoir une entrée d’argent, et à aucun moment je n’ai pensé que je commettais un crime», a-t-il affirmé.
Entendus à leur tour, deux autres mis en cause apparus au cours de l’enquête, ont nié avoir participé à ces faits. «Il nous a demandé de l’aider à vendre ces billets de banque, c’est ce que nous avons fait», ont-ils déclaré.
Le représentant du ministère public a requis 20 ans de réclusion à l’encontre du premier accusé, et deux ans de prison ferme contre les deux autres. La défense d’Abdelkrim plaidera les circonstances atténuantes, expliquant que son client avait été berné par le ressortissant africain, tandis que celle des deux autres plaidera la non-culpabilité.
Zemmouri L.

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