Après 24 ans de règne en Syrie : La chute de la maison El-Assad

Le 8 décembre 2024 restera gravé dans l’histoire de la Syrie comme le jour où le régime de Bachar el-Assad s’est effondré, après plus de 13 ans de guerre dévastatrice.
Cette chute spectaculaire a été rendue possible par une offensive éclaire menée par les groupes armés de l’opposition, qui ont pris le contrôle de Damas, la capitale syrienne. En quelques heures, l’armée syrienne et les forces de sécurité, incapables de résister à la pression des rebelles, ont abandonné leurs positions stratégiques, incluant le ministère de la Défense, le ministère de l’Intérieur et l’aéroport international de Damas.
Le groupe Hayat Tahrir al-Sham (HTS), à la tête de la coalition rebelle, a revendiqué la prise de la capitale, annonçant dans un message sur Telegram la libération de milliers de prisonniers politiques. Ce groupe, a pris le contrôle de plusieurs villes clés, avant d’atteindre la capitale. Des scènes de joie ont éclaté dans les rues de Damas, où des habitants ont célébré la fin du règne des Assad, en chantant et en détruisant les portraits du président déchu.
La télévision d’État syrienne a diffusé une vidéo historique dans laquelle les rebelles annonçaient la destitution d’Assad et la libération des prisonniers, dont ceux détenus dans la tristement célèbre prison de Sednaya, symbole des exactions du régime. Des milliers de Syriens, dans la capitale et dans d’autres villes, ont exprimé leur joie, célébrant la fin de ce qui était perçu comme une tyrannie de plus de 50 ans.
La prise de Damas par les rebelles a été précédée par une série de victoires décisives dans d’autres régions stratégiques. Après avoir pris le contrôle de villes comme Alep, Hama, et Homs, les rebelles ont réussi à couper les forces d’Assad de nombreuses ressources clés, notamment le contrôle de la province de Homs, qui mène directement à la capitale. Samedi, la province de Soueïda, est également tombée sous le contrôle des groupes rebelles, marquant un coup de maître dans la déstabilisation des bases du pouvoir syrien.
Les défis en face
Pourtant, ce renversement ne marque pas la fin des défis en Syrie. Les rebelles, bien que victorieux, devront faire face à des défis immenses pour stabiliser le pays, rétablir l’ordre et engager des négociations de paix. Le chef de HTS, Ahmed al-Shara, a déjà tendu la main à tous les citoyens syriens, appelant à la protection des institutions de l’État et à la construction d’un avenir inclusif pour toutes les communautés syriennes. La transition, cependant, ne sera pas sans obstacles. Les craintes persistent sur l’influence que certains groupes radicaux pourraient exercer, bien que le chef de HTS se soit montré soucieux de ne pas répéter les erreurs du passé, comme celles observées en Irak après la chute de Saddam Hussein en 2003.
Le Premier ministre du régime déchu, Mohammed Ghazi al-Jalali, a quant à lui appelé à la tenue de élections libres et transparentes, soulignant l’importance d’un retour à la stabilité et à la légitimité. Il a déclaré être toujours présent en Syrie, affirmant son intention de rester auprès du peuple syrien pour assurer la gestion des institutions publiques et garantir une transition pacifique. Un geste qui pourrait être perçu comme une tentative de maintenir un semblant de continuité dans un contexte de grande instabilité.
Cette victoire des rebelles ne représente pas seulement la fin d’un régime autoritaire, mais aussi une opportunité pour reconstruire un pays dévasté par des années de guerre. Le message de la communauté internationale, en particulier des Nations Unies, est clair : le processus de paix et de réconciliation doit être mené de manière inclusive, en impliquant toutes les factions et en respectant les droits humains. Le chemin sera semé d’embûches, mais l’espoir renaît parmi les Syriens qui aspirent à une Syrie libre, démocratique et unifiée.
Le renversement d’Assad marque donc un tournant historique pour la Syrie et la région, ouvrant la voie à une nouvelle ère. Les prochains mois seront cruciaux pour déterminer si cette victoire sera suivie d’une paix durable, ou si le pays sombra à nouveau dans le chaos. Mais pour l’instant, la chute du régime d’Assad est célébrée comme une victoire du peuple syrien.
D.H
