Justice : Deux ans pour apologie du terrorisme
B. Fethi, a comparu récemment devant le tribunal criminel d’appel de la cour d’Oran, où il a été condamné à deux ans de prison ferme et à une amende de 100.000 dinars. Il était poursuivi pour avoir créé une page sur les réseaux sociaux afin de diffuser des idées et des informations liées à l’organisation terroriste Daesh.
Selon les faits, l’affaire remonte au 8 janvier 2024, lorsque les services de sécurité ont reçu des informations signalant qu’un individu diffusait des contenus à caractère subversif sur les réseaux sociaux. Une enquête a rapidement permis d’identifier B. Fethi comme l’auteur présumé.
L’enquête a révélé que le jeune homme avait créé un compte Telegram à partir de son numéro de téléphone et fondé un groupe intitulé « Tiaret El Habiba », qui a rapidement réuni plus de 200 membres. Ces derniers partageaient des images et des vidéos promouvant l’idéologie de l’EI, ainsi que des informations sur ses opérations. Plus de 800 images et environ 850 vidéos liées à l’organisation ont été découvertes par les enquêteurs.
Interrogé, B. Fethi a reconnu la création du compte, mais a nié avoir fait l’apologie des groupes terroristes. Il a expliqué que le groupe avait été initialement privé et sans affiliation à une quelconque organisation. Face à un grand nombre de demandes d’adhésion, il l’avait rendu public, permettant à chacun de publier et partager du contenu. Il a précisé avoir cessé de surveiller le groupe récemment et n’avoir donc pas pris connaissance des publications diffusées.
Lors du procès, le procureur a maintenu les accusations, soulignant que l’accusé était le seul à pouvoir gérer la page, accepter ou refuser les demandes d’adhésion, et qu’il devait donc être tenu responsable des publications. Il a qualifié les dénégations de B. Fethi de tentative de se soustraire à sa responsabilité pénale et a requis une peine de cinq ans de réclusion.
La défense, pour sa part, a plaidé la non-culpabilité, arguant qu’aucune preuve ne démontre que son client était derrière les publications ni qu’il ait encouragé les membres du groupe à les diffuser.
Zemmouri L.
