64e Anniversaire du 11 Décembre 1960: Un tournant décisif pour l’Indépendance

Le professeur d’histoire à l’Université de Blida 2, Mohamed Cherif Sidi Moussa, a affirmé que les manifestations du 11 décembre 1960 représentent un événement marquant qui a joué un rôle crucial dans l’accession de l’Algérie à l’indépendance. Selon lui, ces manifestations ont permis de briser le discours colonialiste affirmant que « l’Algérie est française » et ont contribué à internationaliser la cause algérienne.

Dr Sidi Moussa a souligné que l’impact des manifestations était indissociable de la solidarité du peuple algérien, qui s’est massivement rallié aux dirigeants du Front de Libération Nationale (FLN) et de l’Armée de Libération Nationale (ALN). Ces derniers ont envoyé un message clair au monde entier: « L’Algérie n’est pas française et ne le sera jamais. » Ce message a non seulement renforcé la cause algérienne, mais a également attiré l’attention des médias internationaux.
Lors d’une intervention dans l’émission « L’invité de la matinale » sur la Chaîne 1 de la Radio nationale, Dr Sidi Moussa a rappelé que cette étape historique avait marqué un tournant dans la lutte pour l’indépendance, contrecarrant les tentatives du colonisateur de maintenir l’Algérie sous domination française. Malgré les stratégies répressives mises en place par le général de Gaulle, qui avait accédé au pouvoir en 1958, ces efforts se sont soldés par un échec après deux ans.
Les manifestations du 11 décembre ont démontré au monde que le peuple algérien ne se battait pas pour « rester français », comme le prétendait la France, mais pour son droit à l’autodétermination. Ce soulèvement populaire a convaincu l’Assemblée générale des Nations Unies, lors de sa 15e session, de soutenir la cause algérienne et d’ouvrir des négociations directes entre le FLN, l’ALN et la France.
Le professeur a également insisté sur l’ampleur des manifestations qui ont touché tout le territoire national, impliquant des femmes, des personnes âgées et des enfants. Ces événements se sont produits dans un contexte de division au sein du pouvoir français entre les partisans d’une « Algérie algérienne » et ceux qui soutenaient une « Algérie française ». Le FLN et l’ALN ont alors organisé des manifestations pacifiques réclamant des négociations politiques. En réponse, les forces coloniales ont réagi par une répression violente, déployant chars et balles réelles, entraînant le martyr de nombreux Algériens dans plusieurs villes comme Blida, Alger et Oran.
Dans ce contexte, Dr Sidi Moussa a souligné la nécessité de préserver les acquis de la Révolution algérienne pour continuer à construire une Algérie nouvelle. Il a salué les efforts des autorités publiques pour sauvegarder l’histoire et la mémoire nationale, appelant à une approche scientifique et académique dans la rédaction de cette histoire. Selon lui, il est essentiel que cette démarche prenne en compte les intérêts de l’Algérie dans divers domaines tels que l’éducation, le cinéma et les médias afin de servir au mieux la mémoire nationale.
Ch.G

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