Violation de la souveraineté de la Syrie : Alger dit non au fait accompli

Profitant de la chute de Bachar Al-Assad en Syrie et de l’instabilité dans la région, l’entité sioniste redouble de férocité pour imposer sa politique expansionniste et coloniale. L’armée d’occupation s’est emparée de la zone tampon du Golan, qui fait partie intégrante de la Syrie. Pour rappel, le plateau du Golan a été annexé illégalement par l’entité sioniste en 1967.
Une occupation condamnée par la communauté internationale dans le cadre de la résolution 497 du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée à l’unanimité le 17 décembre 1981. L’aviation sioniste a également frappé des équipements militaires appartenant à l’armée régulière syrienne au cours du week-end.
L’Algérie a condamné fermement, ce mardi, la violation de la souveraineté de la Syrie, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines. Alger a également condamné « les agressions répétées de l’armée d’occupation, en recrudescence récemment, contre les infrastructures et institutions syriennes ». L’occupation de la zone tampon du Golan en Syrie par l’armée d’occupation sioniste et l’agression des territoires syriens confirment les violations continues du droit international. « Tout en réaffirmant sa position immuable en faveur de l’unité et de l’intégrité territoriale de la Syrie, ainsi que de son droit légitime à récupérer le Golan occupé conformément aux lois et conventions internationales en vigueur, l’Algérie appelle la communauté internationale à adopter une position unifiée garantissant la sécurité, la stabilité et l’intégrité territoriale de la Syrie », affirme la même source.
Le plateau du Golan représente une zone stratégique très importante. Il domine et surplombe la plaine et la route de Damas. La position géographique du Golan, situé entre le Liban, la Syrie et la Jordanie, ainsi que sa richesse en eau, en font un territoire convoité. Le Golan est un territoire du sud-ouest de la Syrie, s’étendant sur 1250 km², large de 12 à 25 km et long de 67 km.
Zone stratégique
En 2008, l’Assemblée générale des Nations unies a voté par 161 voix contre 1 (celle des États-Unis) en faveur d’une motion pour dénommer le territoire « Golan syrien occupé » tout en réaffirmant son soutien à la résolution 497 du Conseil de sécurité des Nations unies. L’ONU vient de qualifier cette incursion dans la zone tampon de « violation » de l’accord de désengagement de 1974 entre Israël et la Syrie.
Les pays arabes ont fermement condamné cette incursion israélienne. L’Iran a dénoncé une «violation flagrante » du droit, après des condamnations similaires d’Amman et Ryad. L’Égypte a qualifié cet acte d’« occupation du territoire syrien et de violation flagrante de l’accord de désengagement de 1974 ». Tour à tour, le Qatar, le Koweït, la Jordanie et l’Irak ont fermement condamné « la confiscation par l’occupation israélienne de la zone tampon avec la Syrie et des sites voisins », la décrivant comme « un développement dangereux et une attaque flagrante contre la souveraineté et l’unité de la Syrie, ainsi qu’une violation flagrante du droit international ». Doha a averti que la politique israélienne, y compris ses tentatives de s’emparer des territoires syriens, «conduirait la région à davantage de violence et de tension ». La Ligue arabe a exprimé, « sa pleine condamnation d’Israël, puissance occupante, pour ses tentatives illégales de profiter des développements internes en Syrie, que ce soit en s’emparant de terres supplémentaires sur les hauteurs du Golan ou en déclarant nul l’accord de désengagement de 1974 ».
Quelques jours avant la chute de Bachar Al-Assad, l’Assemblée générale des Nations Unies (AGNU) a adopté une résolution appelant, une nouvelle fois, l’entité sioniste à se retirer du plateau du Golan syrien. La résolution déclare que les membres des Nations unies sont « profondément préoccupés » par la poursuite de l’occupation du Golan syrien, depuis 1967, par Israël, ce qui constitue « une violation des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies et de l’Assemblée générale des Nations unies ». Le mois dernier, l’ONU avait appelé l’entité sioniste à se conformer aux résolutions relatives au Golan syrien occupé, en particulier la résolution 497 de 1981, qui affirme que l’imposition par l’entité sioniste de ses lois, de sa juridiction et de son administration sur le Golan syrien occupé « est nulle et non avenue et n’a aucun effet juridique international ».
G. Salima
