Pollution: Des «éco-guerriers» au secours des plages

Les plages d’Oran, prisées pour leurs paysages enchanteurs, sont aujourd’hui confrontées à une pression environnementale croissante. Chaque année, des tonnes de déchets sont abandonnées sur les côtes ou rejetées en mer. Face à cette situation, des associations locales et des bénévoles se mobilisent pour inverser la tendance, avec des actions qui commencent à porter leurs fruits.
En 2024, près de 600 volontaires ont participé à une opération de nettoyage à la plage de Mers El-Hadjadj, où 11 tonnes de déchets ont été collectées sur un tronçon de seulement 5 km. Ces chiffres illustrent à la fois l’ampleur du problème et la détermination des militants locaux. Parmi les détritus les plus fréquents figurent les bouteilles en plastique, les emballages alimentaires et les restes métalliques, qui mettent des décennies à se dégrader.
Des campagnes similaires sur les plages des Andalouses et Cap Falcon ont également permis de réduire la quantité de déchets visibles. Ces initiatives s’inscrivent dans un effort continu pour restaurer le littoral oranais, qui s’étend sur environ 120 km.
Selon une étude locale, 80% des déchets retrouvés sur les plages d’Oran proviennent des activités humaines terrestres, tandis que le reste est généré par des navires ou des rejets industriels. Les plongeurs engagés dans la protection des écosystèmes marins rapportent que les fonds marins autour d’Oran sont pollués par des filets abandonnés, des sacs plastiques et des micro-plastiques, avec un impact direct sur la biodiversité. La mer Méditerranée, en général, est considérée comme l’une des plus polluées au monde, recevant environ 600.000 tonnes de plastique chaque année.
En parallèle aux actions de nettoyage, des ateliers éducatifs touchant près de 1.000 participants chaque saison sont organisés sur les plages. Ces sessions abordent des thèmes variés comme le tri des déchets ou l’impact des plastiques sur la faune marine. Ces efforts visent à réduire les comportements négligents qui aggravent la situation.
Malgré ces actions, les militants soulignent le besoin urgent d’un soutien accru. Le littoral oranais, qui abrite près de 1,5 million d’habitants, subit des pressions démographiques et économiques croissantes. Les associations demandent la mise en place de politiques publiques ambitieuses, telles que des systèmes efficaces de gestion des déchets et des campagnes de sensibilisation nationales.
Ces initiatives montrent que des efforts collectifs peuvent avoir un impact mesurable. En seulement trois ans, certaines plages ont vu une diminution de 20% des déchets abandonnés grâce aux campagnes régulières. Les «éco-guerriers» espèrent que ces résultats inciteront d’autres régions d’Algérie à adopter des pratiques similaires.
Avec des actions locales bien organisées et des citoyens de plus en plus impliqués, Oran se dresse comme un modèle d’engagement environnemental en Méditerranée. Le défi reste immense mais chaque chiffre témoigne d’un progrès.
O.A. Nadir

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