La Chine veut mener une médiation dans le conflit israélo-palestinien : Mahmoud Abbas en visite à Pékin
Une visite de trois jours pour Mahmoud Abbas, premier dirigeant arabe à être reçu à Pékin en 2023. Après avoir réussi récemment le coup de force de réconcilier les rivaux Saoudiens et Iraniens, la Chine se fixe un nouvel objectif au Moyen-Orient : mener une médiation dans le conflit israélo-palestinien, et relancer le processus de paix, à l’arrêt depuis une décennie. Un sacré défi.
Des négociations secrètes, sous l’égide de Pékin, ont permis en avril dernier, à la surprise générale, de réconcilier les ennemis régionaux Saoudiens et Iraniens. Alors, on prend les mêmes méthodes, et on recommence. « La diplomatie des coulisses, c’est la marque de fabrique des Chinois », explique le spécialiste israélien Marco Van der Putten Landau.Ce fin connaisseur de la Chine rappelle : « Pékin, soutient la cause palestinienne. Comme le reste de la communauté internationale, la Chine est aussi favorable à la solution à deux États. Mais contrairement au dossier irano-saoudien, où la Chine, deuxième puissance économique mondiale, dispose de leviers à travers ses investissements, Pékin n’a pas vraiment de marge de manœuvre pour jouer au pacificateur avec les Palestiniens, et avec l’inflexible Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu. Car l’aide chinoise aux Palestiniens est très modeste. « Et en Israël, les Chinois contrôlent uniquement deux terminaux portuaires. Mais rien de très stratégique », affirme le spécialiste. « Toutes les technologies à double usage civil et militaire sont la chasse gardée des Américains. Washington s’oppose farouchement à la présence de la Chine en Israël ».« Pas de problème, les Chinois ont la culture de la patience », ajoute le spécialiste. « Et à travers leur initiative de développement mondial, lancée en 2021, [pour s’opposer à l’hégémonie occidentale] ils pourraient explorer de nouveaux chemins vers la paix au Moyen-Orient », conclut Marco Van der Putten Landau.
