31 ans après son assassinat: La voix de Cheb Hasni résonne encore

Ce samedi après-midi, la Maison de la culture Zeddour Brahim Belkacem d’Oran s’est emplie d’émotion et de mémoire à l’occasion d’une rencontre commémorative dédiée au 31ᵉ anniversaire de l’assassinat de Cheb Hasni. L’événement, organisé par Noureddine Gafaïti, président de l’association Ousoud Plus, en collaboration avec l’institution culturelle, a rassemblé artistes, mélomanes et fidèles admirateurs du « rossignol du raï sentimental ».
Autour d’une table ronde, des figures marquantes du paysage musical et culturel se sont succédé pour évoquer l’homme et l’artiste : Noureddine Gafaïti, ancien manager et compagnon de scène, Messaoud Bellemou, père fondateur du raï moderne, Kouider Berkane, musicien et chef d’orchestre, ainsi que Boucif Belhachemi, ancien directeur de l’ONDA. Ensemble, ils ont déroulé le fil d’une mémoire encore vive, celle d’un chanteur qui sut porter les blessures et les rêves d’une génération.
On y a rappelé ses premiers pas aux côtés du regretté Mustapha Cherchar, sa rencontre décisive avec le producteur Saint-Crépain, mais aussi ce moment fondateur de 1988 où, grâce au réalisateur Nacer Baby et au musicien Kouider Berkane, Hasni fit sa première apparition télévisée dans un gala au Palais des sports d’Oran. De ces souvenirs est ressorti le portrait d’un artiste d’une sincérité rare, qui a su chanter l’amour, l’espoir et l’Algérie avec des mots simples et une voix qui bouleverse encore.
« Hasni a franchi les frontières, emportant avec lui l’âme d’Oran et l’universalité du raï », a rappelé Noureddine Gafaïti, évoquant leurs tournées communes, notamment aux États-Unis. Pour Boucif Belhachemi, l’essentiel est ailleurs : « Sa force résidait dans son humanité et dans sa capacité à dire la vérité des cœurs. »
Ce rendez-vous ne fut pas seulement un retour sur le passé, mais un acte de transmission : préserver la mémoire du raï, l’inscrire dans le patrimoine immatériel d’Oran et le confier aux jeunes générations comme une part de leur héritage.
La rencontre, à la fois solennelle et fraternelle, s’est achevée dans un esprit de recueillement et de convivialité : des chants de Aïssaoua, venus de Mostaganem, ont résonné comme une prière, suivis d’une sadaka partagée autour d’un couscous, en hommage à une voix éteinte trop tôt, mais dont l’écho continue de battre dans la mémoire populaire.
Khaled Boudaoui
