Un expert évoque les coûts et la bureaucratie: Les freins à la numérisation en Algérie

Alors que l’Algérie s’apprête à dévoiler sa stratégie nationale de numérisation, des défis majeurs persistent pour concrétiser la transformation digitale, essentielle dans un monde dominé par l’intelligence artificielle et les nouvelles technologies. Djalal Bouabdallah, expert en transformation digitale et cybersécurité, a mis en lumière les obstacles qui ralentissent ce processus, appelant à une action rapide pour rattraper le retard accumulé.
Lors de son intervention dans l’émission L’Invité du jour sur la Chaîne 3 de la Radio nationale, M. Bouabdallah a salué les progrès réalisés, notamment la création du Haut-commissariat à la numérisation et la présentation de la pre
mière Stratégie nationale de l’intelligence artificielle en décembre dernier. Cependant, il a souligné que la numérisation reste freinée par des lenteurs administratives et des coûts élevés.
« La technologie n’attend pas. Alors que d’autres pays passent rapidement à l’opérationnel, nous restons bloqués à certaines étapes, faute d’une accélération nécessaire », a-t-il averti.
Selon Djalal Bouabdallah, la transformation numérique se déroule en trois phases essentielles : La numérisation, qui implique le passage de l’analogique au numérique ; la digitalisation, qui consiste à intégrer des technologies pour exploiter les données numériques et la transformation numérique, résultat de l’intégration et de l’optimisation des processus.
« En Algérie, nous sommes encore au stade de la numérisation dans plusieurs domaines, et seuls certains processus ont commencé à être digitalisés », a-t-il précisé.
L’expert a dénoncé les délais considérables pour obtenir des autorisations d’importation d’équipements technologiques, essentiels à la transformation digitale. Ces délais, pouvant aller jusqu’à un an, rendent les produits obsolètes dès leur arrivée.
« La réglementation doit être agile et adaptée aux réalités du secteur. Elle doit catalyser l’innovation, et non la freiner », a affirmé M. Bouabdallah.
L’expert a également plaidé pour une révision des prix de la connexion Internet pour les professionnels, soulignant l’importance de soutenir les opérateurs locaux du cloud.
« Sans Clouders algériens, nous devrons nous tourner vers des fournisseurs étrangers, ce qui met en péril notre souveraineté numérique. Cela va à l’encontre des ambitions du pays », a-t-il averti.
Pour réussir la transformation numérique, M. Bouabdallah a appelé à une mobilisation collective et rapide, en se concentrant sur trois composantes clés : les infrastructures technologiques, une culture d’innovation, et l’optimisation des processus.
M.S
