Une nouvelle tendance qui s’installe : La cryptomonnaie souffle sur Oran

À Oran, le vent du changement souffle, et il n’a rien de traditionnel. Depuis quelque temps, la cryptomonnaie s’immisce dans les discussions, les investissements et même dans certains commerces. Si autrefois cette technologie semblait réservée à des financiers avertis ou à des geeks, elle touche désormais des profils variés : jeunes entrepreneurs, commerçants audacieux et même quelques retraités curieux.
« Je n’ai jamais pensé que je mettrais un jour de l’argent dans quelque chose d’aussi virtuel, » raconte Sofiane, un trentenaire à la tête d’une petite boutique de vêtements près de la rue Larbi Ben M’hidi. « Mais quand j’ai vu un client payer avec des bitcoins via une application, j’ai compris que je devais m’y intéresser. »
Des plateformes comme Binance, Coinbase, ou encore Trust Wallet ont démocratisé l’accès aux cryptomonnaies, rendant les transactions presque aussi simples qu’un transfert bancaire classique. À Oran, ces applications séduisent surtout les jeunes technophiles et les entrepreneurs qui cherchent à diversifier leurs revenus.
D’ailleurs, Hamid, un développeur web indépendant basé à Gambetta, utilise le Litecoin pour être payé par ses clients étrangers : « Avec les restrictions bancaires, les virements internationaux sont compliqués et lents. La crypto, c’est rapide et sans intermédiaire. »
Les cryptomonnaies, telles que le Bitcoin et l’Ethereum, ne sont plus seulement des investissements spéculatifs. Certains les utilisent désormais pour des transactions réelles : louer un appartement, acheter du matériel ou même offrir des cadeaux.
Malgré l’engouement, la cryptomonnaie reste une aventure risquée, surtout dans un pays où elle n’est ni régulée ni officiellement reconnue. Les investisseurs doivent s’armer de prudence car les fluctuations de valeur peuvent être vertigineuses. « J’ai perdu 30 % de ma mise en un mois, mais j’ai aussi appris à analyser les tendances, » confie, à ce propos, Lynda, une enseignante de 40 ans passionnée de nouvelles technologies.
À Oran, les groupes Facebook et les communautés Telegram se multiplient pour échanger des conseils, des formations et parfois des mises en garde. Mais ces espaces ne sont pas toujours sécurisés, et les arnaques y pullulent.
Ce qui rend la cryptomonnaie particulièrement intéressante, c’est son potentiel à transformer les pratiques économiques. Des plateformes locales, comme BeeCrypto DZ, commencent à émerger pour initier les Algériens à ce nouvel univers financier.
En parallèle, des commerçants à Oran acceptent désormais les paiements en Bitcoin ou USDT, notamment pour les services informatiques et les produits high-tech. Ce système séduit particulièrement les jeunes qui souhaitent s’affranchir des contraintes liées au cash ou aux banques.
Pour Mourad, un étudiant de l’université d’Es-Sénia : « C’est l’avenir. On parle d’une économie mondiale où les frontières monétaires n’existeront plus. Mais pour que ça marche, il faut que l’Algérie suive le mouvement et régule ce marché. »
Si la cryptomonnaie est encore loin d’être ancrée dans les mœurs algériennes, son adoption rapide dans une ville comme Oran démontre que les nouvelles technologies ne connaissent pas de frontières. Entre curiosité et prudence, Oran est en train d’expérimenter un pan de l’économie du futur, où virtuel et réel se confondent.
Pour ceux qui hésitent encore, une chose est sûre : la cryptomonnaie est bien plus qu’une mode. C’est un outil qui redessine les contours de l’économie mondiale… et qui a déjà commencé à transformer les ruelles de la capitale de l’Ouest.
O.A Nadir

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