Tebboune évoque Sansal et les crimes de la France

Lors de son discours prononcé devant les deux chambres du Parlement, le chef de l’Etat a évoqué le cas de Boualem Sansal sans citer son nom.
« Voilà, un voleur dont l’identité et le père sont inconnus, qui ose dire qu’une partie de l’Algérie était la propriété d’un autre pays », a déclaré le Président Tebboune.
Pour rappel, l’écrivain avait été arrêté au sortir de l’aéroport Houari Boumediène à Alger, le 16 novembre 2024. Il est en détention provisoire de Koléa, à l’ouest d’Alger, pour, entre autres, «atteinte à l’intégrité territoriale du pays », « atteinte à l’unité nationale » et « complot contre la sûreté de l’Etat ».
Le président de la République, dans le même discours, s’est attaqué à la France et à son passé colonial en Algérie. « Ils ont commis des massacres et des boucheries durant l’occupation. La tribu Benchohra (à Laghouat en 1852) a été gazée. Les gens ont été mis dans des sacs. Les Zaatcha ont subi un massacre aussi (à Biskra en 1849). Il y a aussi les enfumades (dans la Dahra entre 1844 et 1845). Il y a eu plusieurs génocides. En mai 1945, plus de 45.000 Algériens ont été massacrés pendant un mois. Nous ne demandons pas le pardon, mais la reconnaissance. Les milliards de dollars ne suffisent pas pour rembourser la perte de milliers de chouhada. Leur valeur est beaucoup plus grande que cela», a-t-il déclaré à ce propos.
« Nous ne demandons pas d’indemnisations, nous exigeons la reconnaissance des violations commises en Algérie. Ils ont prétendu qu’à leur arrivée en Algérie, ils avaient trouvé de vastes étangs qu’ils avaient asséchés pour installer des constructions. Leurs officiers et sous-officiers reconnaissaient qu’ils avaient trouvé un peuple instruit. Leurs soldats étaient des ignorants ne savaient ni lire ni écrire. L’Algérie fournissait du blé à Rome. Nous n’abandonnerons pas le dossier de la mémoire. Qu’ils disent que nous ne sommes pas des démocrates ! », a-t-il ajouté.
Le Président Tebboune est revenu sur les 17 essais nucléaires dans le sud algérien (entre 1961 et 1967). « Ils nous ont laissé les maladies. Ils voulaient rejoindre le Club des pays ayant la bombe atomique à notre détriment. Venez nettoyer ce que vous avez laissé, ne nous voulons pas de votre argent ! (…) Ceux qui disent qu’ils avaient laissé le paradis en Algérie, et bien sachez, qu’à l’indépendance du pays, 90 % des Algériens étaient des analphabètes ». Il a rappelé qu’au début de l’occupation française, en 1830, le nombre des Algériens étaient de 4 millions. « Et, à leur sortie, ce nombre était de neuf millions. Comment expliquer qu’en presque un siècle et demi, ce nombre n’a augmenté que de cinq millions. Est-ce normal ? C’est la preuve qu’il y a eu des génocides en Algérie. Comment expliquer que les officiers et les sous-officiers (français) coupaient les têtes de nos martyrs pour les envoyer en France. 500 crânes sont en France (dans un musée à Paris). Nous les avons demandés et nous n’en avons reçu que 24. Ils prétendent qu’ils sont civilisés alors qu’ils considéraient ces crânes comme des butins de guerre ! Reconnaissez vos méfaits. Si vous êtes sincères, érigez un statut de l’Emir Abdelkader dans votre capitale (Paris) », a insisté le président de la République.
Il a estimé que les jeunes français d’aujourd’hui ne peuvent pas être redevables des méfaits de leurs ancêtres mais la reconnaissance des crimes coloniaux était nécessaire. « Je suis le fils de Cheikh Amoud, de Benboulaid, d’Amirouche, de Si Haoues, de Lotfi, de Boubeghla et de tous les martyrs », en affirmant que le nombre des martyrs est de 5,6 millions. R.N

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