Lutte contre les stupéfiants : La menace du voisin de l’Ouest

La lutte contre la drogue et les substances psychotropes s’impose comme une priorité nationale en Algérie. Lors du Forum de la chaîne 1 de la Radio nationale, ce lundi, des experts ont mis en garde contre l’ampleur de ce fléau qui affecte toutes les catégories sociales, y compris les enfants. Une menace que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a qualifiée de cruciale, appelant à l’élaboration d’une stratégie nationale pour préserver la sécurité et l’économie du pays.
Farida Dib, sous-directrice de la prévention à l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie (ONLCDT), a expliqué que la stratégie nationale 2020-2024 repose sur plusieurs axes : réduire l’offre et la demande, renforcer la prévention et assurer la prise en charge des toxicomanes. Cette approche implique une coopération étroite entre les forces de sécurité, le système judiciaire, les ministères concernés et la société civile.
Oussama Benazza, procureur adjoint à la Cour d’Alger, a dénoncé l’action de réseaux criminels qui cherchent à inonder le pays de drogues, principalement depuis ses frontières occidentales. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : lors de la dernière opération d’élimination des saisies, plus de 10 tonnes de cannabis, 500 kg de drogues dures et 11 millions de comprimés psychotropes ont été détruits. Ces saisies mettent en évidence la gravité de la situation et les efforts constants des autorités pour contrer cette menace.
La lutte contre la drogue en Algérie s’appuie également sur un cadre juridique robuste. La loi 23-05, promulguée en avril 2023, actualise les dispositions de la loi 04-18 de 2004, en intégrant des mesures plus strictes pour réprimer les trafiquants, prévenir la consommation et améliorer la prise en charge des toxicomanes. Par ailleurs, Oussama Benazza a insisté sur la dimension internationale de ce combat, qui est liée à d’autres crimes tels que le blanchiment d’argent et la traite des êtres humains. L’Algérie collabore avec plusieurs pays pour renforcer la lutte contre ce fléau à l’échelle mondiale.
Par ailleurs, l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie entend intensifier les efforts de sensibilisation. A ce propos, Farida Dib a annoncé le développement de contenus pédagogiques numériques et de campagnes de sensibilisation sur les réseaux sociaux.
Ces initiatives visent à mieux informer les jeunes et les familles sur les dangers des drogues, tout en soutenant les actions de répression et de prise en charge des toxicomanes.
Pour rappel, l’Algérie fait face à un défi croissant en matière de consommation de drogues, avec une augmentation significative des cas d’addiction, notamment parmi les jeunes. Selon l’ONLCDT, le nombre de toxicomanes en Algérie a considérablement augmenté, atteignant plus de trois millions, dont 3 % sont des femmes. Ce chiffre alarmant a été multiplié par dix depuis 2010, alors que le pays comptait seulement 300 000 consommateurs. Les drogues les plus couramment consommées incluent les substances psychotropes, comme la prégabaline, utilisée pour traiter l’épilepsie.
Par ailleurs, le pays dispose actuellement de 48 centres ambulatoires et 5 centres hospitaliers spécialisés dans le traitement des addictions.
T. Feriel
