Homicide volontaire à Es-Sénia : La peine revue à la baisse en appel
Accusé d’homicide volontaire avec préméditation, Kh. Abdelkader a été jugé ce week-end par le tribunal criminel d’appel, qui l’a condamné à dix ans de prison ferme. Auparavant, lors de son procès en première instance, il avait écopé d’une peine de vingt ans de réclusion criminelle.
Les faits se sont déroulés le 30 juillet 2022 à Hai Cumo, à Es-Sénia, où deux personnes ont signalé avoir été victimes d’un vol avec violence. À leur arrivée sur les lieux, les policiers ont découvert une personne gravement blessée et un homme baignant dans une mare de sang. Ce dernier a été évacué d’urgence à l’hôpital, mais est décédé dès son admission. Les enquêtes menées par la police ont permis d’identifier et d’appréhender un suspect répondant au nom de Kh. Abdelkader.
Lors de son interrogatoire, le suspect fournit sa version des événements : il a affirmé être rentré chez lui dans le bidonville de Cumo lorsqu’il a vu une foule et a appris qu’un homme avait été agressé et que des effets personnels avaient été volés. En interrogeant les témoins présents, il a reçu une description du suspect, qu’il a rapidement identifié comme étant H. Nacer. Plus tard, il a croisé ce dernier caché derrière un pylône électrique avec un sachet à la main. Lorsqu’il l’a confronté au sujet de l’agression des deux personnes, H. Nacer aurait tenté de le frapper avec un couteau. Par peur, Abdelkader a sorti une arme blanche pour se défendre, expliquant aux policiers qu’il ne voulait pas le tuer.
Devant le tribunal criminel, Kh Abdelkader a maintenu sa déclaration en insistant sur le fait qu’il s’agissait de légitime défense. Cependant, il a été confronté à un autre fait : après avoir blessé la victime, il s’est automutilé avec son propre couteau, ce qu’il n’a pas nié. Il a justifié cette action par la peur d’une réaction violente des témoins : «Je me suis blessé pour éviter que ces derniers ne réagissent violemment contre moi», a-t-il avancé.
La défense de la partie civile a souligné que la mère de la victime avait perdu son unique enfant dans cette agression. L’accusation a soutenu, elle, que contrairement à ses dénégations, l’accusé avait frappé pour tuer non pas par légitime défense. Et pour cela, elle a requis la réclusion à perpétuité. De son côté, la défense a plaidé les circonstances atténuantes en insistant sur le fait que son client a véritablement agi en légitime défense, sa vie ayant été menacée par la victime.
Zemmouri L.