Barrages: 35 % de remplissage avec des prévisions à la hausse

Le taux de remplissage des barrages en Algérie a atteint environ 35 % au niveau national, et il est attendu qu’il augmente « significativement » grâce aux récentes précipitations abondantes, a annoncé ce samedi le ministre des Ressources en eau, Taha Derbal.
Lors d’une déclaration à la presse en marge d’une rencontre nationale des cadres du secteur, organisée pour présenter le bilan et les perspectives du service public dans le domaine de l’eau, le ministre a précisé que le taux de remplissage des barrages s’élevait à 34,96 % au 16 janvier 2024. Cette proportion devrait connaître une hausse notable en raison des fortes pluies enregistrées ces derniers jours.
M. Derbal a expliqué que le plan du ministère pour assurer l’approvisionnement en eau potable repose sur le pire scénario, à savoir une absence totale de précipitations pendant l’année, afin de garantir un accès constant à cette ressource vitale « dans toutes les circonstances, grâce aux moyens mobilisés par l’État ».
En outre et en vue du mois de Ramadhan, le ministre a annoncé la mise en place de mesures spécifiques pour atténuer le manque d’eau dans certaines régions confrontées à des difficultés de distribution. Ces mesures incluent l’augmentation des déversements d’eau à partir des barrages ainsi que l’ajustement des horaires de distribution pour mieux répondre aux besoins spécifiques de cette période.
Par ailleurs, et lors de son exposé, le secrétaire général du ministère, Omar Bougaroua, a indiqué qu’à l’Ouest du pays, le taux de remplissage a atteint 43,76 % en 2024, contre seulement 17,88 % l’année précédente. A l’Est du pays, le taux a connu une baisse relative à 53,45 % en 2024, contre 60,12 % en 2023. Au Centre du pays, on a assisté à un taux relativement stable de 16,80 %, comparé à 16,96 % en 2023.
Les ressources en eaux de surface, incluant les barrages, représentent 25 % de la production totale d’eau en Algérie, soit environ 867 millions de m³ par an, sur un total de 3,4 milliards de m³ produits annuellement.
Le ministre a également annoncé que les systèmes d’assainissement actuels permettent de traiter près de 600 millions de m³ d’eaux usées par an, une capacité qui augmentera avec l’entrée en service de nouvelles installations. Il a souligné que l’Algérie est désormais un leader dans le domaine du traitement et de la réutilisation des eaux usées.
Le programme national vise d’ailleurs à développer le service public de l’assainissement par le biais d’infrastructures modernes pour traiter les eaux usées et les réutiliser en agriculture et en industrie.
Aussi, et parmi les réalisations notables en 2024, on a enregistré 324 nouveaux forages mis en service, avec une capacité de production de 290 000 m³ par jour ; 41 des 109 forages programmés en urgence dans les régions arides ont été achevés, les autres étant à 60-70 % de réalisation, avec une finalisation prévue avant le Ramadhan ; neuf projets d’interconnexion des barrages ont été achevés et quatre nouveaux barrages sont en cours de construction, avec une capacité totale de 300 millions de m³. Le barrage de Djedra (Souk Ahras) est à 99 % achevé, celui de Souk Thlata (Tizi-Ouzou) à 88 %, celui de Boukhroufa (El Tarf) à 60 % et le barrage de Sidi Khlifa (Tizi-Ouzou) à 28 %.
Par ailleurs, d’ici le premier trimestre 2025, cinq grandes stations de dessalement d’eau de mer devraient entrer en service, chacune ayant une capacité de 300 000 m³ par jour. Ces infrastructures permettront au dessalement de représenter 42 % de l’eau produite au niveau national.
