Enlevé le 14 janvier à la frontière malienne : L’Algérie remet l’otage espagnol à son pays

Une semaine après avoir été enlevé par un groupe armé dans le sud algérien, le ressortissant espagnol, Navaro Canada Joaquim, a été remis par les autorités algériennes à l’ambassadeur de son pays en Algérie, hier mercredi.
Bien qu’il ait reconnu se trouver «en état de choc» et avoir «besoin de quelques jours pour récupérer un état de calme», l’ancien otage est en «bonne santé» selon un communiqué du ministère de la Défense nationale qui avait procédé à sa réception mardi et à son transfert depuis l’aéroport de Tin Zaouatine à la base militaire de Boufarik à bord d’un avion spécial.
S’exprimant lors de l’opération de sa remise à l’ambassadeur de son pays en Algérie, Fernando Moran Calvo-Sotelo, il a remercié les autorités algériennes d’avoir veillé à sa sécurité en tout temps, et « particulièrement le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune ». « Je me sens en sécurité à vos côtés. Ces moments ont été difficiles pour moi. Je suis soulagé après ma libération », a-t-il déclaré.
Concernant ce dénouement, le chef de l’Etat a tenu à rendre hommage aux services de sécurité et aux cadres du ministère de la Défense. «Je remercie nos services de sécurité et les cadres du ministère de la Défense nationale pour leur efficacité et leur discrétion lors de l’opération de libération du citoyen espagnol, Gilbert Navarro», a-t-il écrit sur son compte officiel sur les réseaux sociaux.
En «visite touristique» dans le Grand Sud algérien, Navaro Canada Joaquim avait été kidnappé le 14 janvier dernier dans la zone frontalière entre l’Algérie et le Mali par un groupe armé composé de cinq individus», avait indiqué le MDN dans un communiqué mardi.
Lounès Magramane, secrétaire général des A.E, qui a supervisé la remise de Navaro Canada aux autorités espagnoles, a affirmé que «les autorités espagnoles ont été tenues informées en temps réel de l’évolution des opérations de recherche». Il a également réaffirmé la condamnation de l’Algérie de toutes «les pratiques violentes et les actions criminelles des groupes terroristes actifs dans la région et à travers le monde», et rappelé la nécessité de «conjuguer les efforts pour lutter contre le terrorisme et toutes les actions qui servent à financer les activités criminelles».
Unifier les efforts contre le terrorisme
M. Magramane a aussi indiqué que ce dénouement «est le fruit d’efforts soutenus déployés par les différents corps de sécurité algériens, avec des partenaires sécuritaires dans la région, avec la mobilisation de tous les moyens humains et logistiques».
«Dès les premières heures de l’enlèvement, les hautes autorités du pays, à leur tête le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, ont donné des instructions pour déployer tous les efforts et mobiliser les moyens nécessaires afin de retrouver, de libérer et de veiller à l’intégrité de l’otage», a-t-il précisé.
Remerciant toutes les parties qui ont contribué à préserver l’intégrité et la sécurité de l’Espagnol, il a rappelé que l’Algérie «est connue pour ses positions humanistes» en participant, de nombreuses fois, à la libération d’otages et en assurant, à d’autres occasions, un rôle de médiateur actif pour sauver des vies et éviter des tragédies. Il a aussi insisté sur « la nécessité d’unir les efforts et les moyens pour lutter contre le terrorisme et tous les vecteurs de financement de ses activités criminelles ».
M. Magramane a, par ailleurs, exprimé la gratitude d’Alger à la partie espagnole qui, immédiatement après avoir appris l’enlèvement, a affiché sa totale confiance dans la capacité des autorités algériennes à retrouver et à libérer l’otage. Il a également salué le courage et la patience de l’otage et de sa famille dans cette dure épreuve.
De son côté, tout en remerciant l’Algérie, l’ambassadeur d’Espagne a constaté que pour son pays, «l’Algérie a un rôle proéminent dans la lutte contre le terrorisme et pour garantir la sécurité de nous tous».
A ce propos, et lors d’une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies qui s’est tenue ce mardi à New York, le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines, Ahmed Attaf, a mis en lumière la gravité croissante du terrorisme en Afrique, en particulier dans la région du Sahel. Selon lui, cette région est devenue le nouveau centre mondial du terrorisme, concentrant aujourd’hui 48 % des décès liés à ce fléau, contre seulement 1 % en 2007.
Le ministre a révélé des chiffres alarmants concernant l’évolution du terrorisme en Afrique. Sur la dernière décennie, les attaques terroristes y ont augmenté de 400 %, tandis que les décès associés ont progressé de 237 %. Rien qu’au cours des neuf premiers mois de 2024, plus de 3 200 attaques ont été enregistrées sur le continent, entraînant la mort de plus de 13 000 personnes.
M. Nadir
