Après la résolution de Strasbourg sur l’Algérie : La ferme condamnation du Parlement arabe

Le Parlement arabe vient de condamner vivement la déclaration de Strasbourg concernant l’affaire Sansal, la considérant comme « une ingérence flagrante et inacceptable » dans les affaires intérieures de l’Algérie.

Dans un communiqué de presse, le Parlement arabe a appelé le Parlement européen à « respecter les décisions de la justice algérienne et à cesser immédiatement de tels agissements qui constituent une violation flagrante de tous les instruments internationaux », affirmant « le respect de la souveraineté des Etats et la non-ingérence dans leurs affaires intérieures ».
Le Parlement arabe, qui a souligné « sa pleine solidarité avec la République algérienne démocratique populaire », a exhorté son homologue européen à « ne pas politiser la question des droits de l’homme et à ne pas l’utiliser comme prétexte pour une ingérence injustifiée et inacceptable dans les affaires intérieures des Etats ».
En outre, le Parlement arabe a rappelé que « la République algérienne est un pays régi par des lois et des institutions constitutionnelles jouissant d’une indépendance de décision, ainsi que par des autorités judiciaires capables de fournir toutes les garanties nécessaires pour protéger les libertés, les droits de l’Homme et la liberté d’expression de chaque citoyen algérien ».
Le Parlement arabe a déni à Strasbourg « de donner des leçons des leçons à l’Algérie ou aux pays arabes en matière d’application de la loi et de protection des libertés », lui dont les députés « sont restés inactifs et les yeux fermés alors que les droits de l’Homme étaient violés en Palestine et que le peuple palestinien subissait un génocide aux yeux du monde entier ».
Rappelons que lors du vote, ce jeudi dernier, par Strasbourg, sous l’impulsion de la France, d’une résolution pour demander la libération de Boualem Sansal, les députés LFI qui ont voté contre ont été résolument crucifiés. Même s’il y a eu 24 voix contre, c’est Rima Hassane qui a focalisé toute la haine de la droite et de l’extrême droite française, le ministre de l’Intérieur de Bayrou en premier. «Cette résolution demandait la libération immédiate d’un homme malade. Et Mme Rima Hassan dit : “ Non, je refuse, je vote contre ”. C’est inhumain, c’est politiquement scandaleux», a écrit Bruno Retailleau, qualifiant la députée LFI de «suppôt du régime algérien».
«Honte», «profondément scandaleux», «arrêtons l’hypocrisie», l’indignation de Raphaël Glucksmann, qui siège avec les socialistes, n’a d’égale que sa propre hypocrisie lorsque, en plein campagne pour les européennes, il avait refusé de qualifier ce qui se passait alors à Ghaza de génocide, ne s’empêchant pas, par contre, de qualifier de terroriste la Résistance palestinienne.
Les députés qui ont refusé de cautionner les désidératas de la droite décomplexée française ont justifié leur vote en «dénonçant l’instrumentalisation faite par l’extrême droite de ce cas pour attiser les tensions avec l’Algérie et alimenter leur agenda xénophobe».
Même argumentation pour Rima Hassan qui a expliqué vouloir s’opposer à «une instrumentalisation de ce vote pour nourrir une escalade diplomatique, ce texte est un fourre-tout de tout ce qui nous dérange avec l’Algérie», a-t-elle déclaré, en invitant sur X «les défenseurs de Sansal à déployer autant d’énergie à défendre les droits humains des Palestiniens».
T. Feriel

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