Résolution américaine sur Ghaza: Pourquoi Alger a voté « oui »

À l’approche de la fin du mandat de l’Algérie au Conseil de sécurité de l’ONU, le ministre des Affaires étrangères a présenté, hier à Alger, une lecture approfondie de la résolution récemment adoptée par l’instance onusienne concernant la situation à Ghaza. Lors d’une rencontre avec la presse au siège du ministère, il a détaillé les raisons ayant conduit Alger à voter en faveur du texte porté par les États-Unis, dans le cadre de ce qui a été présenté comme un « plan de paix pour Ghaza ».
Le chef de la diplomatie a rappelé que l’Algérie avait inscrit sa participation au Conseil de sécurité sous le signe de la « fidélité » à son histoire, à son identité et à ses engagements arabes, islamiques et africains, conformément aux orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. À quelques semaines de la passation du relais à d’autres pays arabes et africains, il a estimé que les derniers développements internationaux, notamment en Palestine, au Sahara occidental et au Sahel, faisaient peser sur l’Algérie des responsabilités particulières.
S’agissant de la résolution sur Ghaza, adoptée la veille par le Conseil de sécurité, le ministre a expliqué que le vote algérien reposait sur trois paramètres : les objectifs essentiels du texte, les motivations qui ont conduit à son dépôt et les positions des principaux acteurs régionaux.
Il a souligné que la résolution répondait aux « priorités urgentes de l’après-agression contre Ghaza » : stabilisation du cessez-le-feu, protection internationale du peuple palestinien, levée des obstacles à l’aide humanitaire et lancement de la reconstruction. Le texte prévoit notamment, fait inédit, l’établissement d’une force internationale chargée de la sécurité dans la bande de Ghaza.
Le ministre a également indiqué que la résolution ne remettait en cause aucun des fondements du règlement politique du conflit, rappelant que l’Algérie avait obtenu l’introduction d’un amendement précisant que l’objectif ultime était la création des conditions propices à la solution politique et à l’établissement d’un État palestinien souverain.
Il a rappelé que la présentation de ce « plan de paix » au Conseil de sécurité avait été réclamée par les pays arabes réunis au sommet de Charm el-Cheikh, afin de lui donner une portée juridique et internationale et de placer son exécution sous l’égide des Nations unies.
Le chef de la diplomatie algérienne a insisté sur le fait qu’Alger ne pouvait s’écarter ni de la position officielle palestinienne — l’Autorité palestinienne ayant soutenu le texte — ni du consensus arabe et islamique ayant appelé à son adoption. Il a toutefois reconnu les limites de la résolution, notamment son caractère partiel, certaines zones d’ombre concernant les mécanismes envisagés, et l’absence de traitement des causes profondes du conflit.
Malgré ces insuffisances, il a estimé que « la priorité absolue » demeure la consolidation du cessez-le-feu et la protection des civils à Ghaza, après deux années de destructions, de crimes de guerre et de famine imposée. « Aucun autre impératif ne peut prévaloir aujourd’hui », a-t-il insisté.
En conclusion, il a exprimé l’espoir que cette résolution ouvre la voie à d’autres étapes conduisant enfin à l’établissement de l’État palestinien indépendant, « seule solution juste et durable » pour restaurer la paix et la stabilité au Moyen-Orient.
G. Salima

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