Explosions nucléaires françaises en Algérie : Un « crime horrible » qui fait encore des victimes

Les explosions nucléaires commis par la France coloniale dans le Sahara algérien sont un « crime horrible » qui continue de faire des victimes et qui engendre encore des malformations congénitales chez les nouveaux nés dans cette région du pays, ont dénoncé samedi à Bouira des participants à un colloque national sur la Révolution du 1er novembre 1945.
S’exprimant lors de cette rencontre organisée en hommage au défunt Rabah Bitat, les intervenants ont dénoncé les conséquences atroces et les maladies congénitales que continuent d’engendrer les effets des explosions nucléaires perpétrées par la France coloniale dans le Sahara algérien et dont la première était celle de la « Gerboise bleue » à Reggane, le 13 février 1960.
Dans son intervention, l’enseignant et chercheur en histoire, Zidine Kassimi, a qualifié ces explosions de « crime abominable « , qui, a-t-il dit, continue de faire des victimes et cause des malformations congénitales chez les nouveau-nés parmi les populations de cette région du pays.
S’exprimant à l’ouverture du Colloque, le secrétaire national de la Coordination nationale pour la préservation de la mémoire et du patrimoine historique (CNPMPH), Ali Boudraâ, a évoqué ces évènements douloureux, les qualifiant de » crime indescriptible ». Un dossier toujours d’actualité d’autant plus que lors de sa dernière interview accordée au journal français l’Opinion, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, avait réaffirmé l’exigence d’une reconnaissance claire des essais nucléaires français dans le sud algérien et de leur décontamination. « Ce dossier est indispensable sur les plans humain, moral, politique et militaire. Nous exigeons que la France révèle précisément les sites d’enfouissement des déchets nucléaires », a-t-il insisté, évoquant également l’usage d’armes chimiques à Oued Namous.
Un dossier prioritaire
Il a souligné l’urgence de régler ces contentieux historiques, rappelant que dès les années 1970, des éleveurs signalèrent des anomalies inquiétantes dans la région de Béchar, où il avait débuté sa carrière de fonctionnaire.
A ce propos, le Dr Dahmane Touati, chercheur et auteur du livre Le Crime nucléaire de la France dans le désert algérien, avait mis en cause l’État français pour sa responsabilité dans les conséquences désastreuses des essais nucléaires menés dans le Sahara algérien. Il considère ces expérimentations comme un crime contre l’humanité et l’environnement, violant les lois et normes internationales.
Il a interpellé, à ce sujet, la France sur l’urgence de reconnaître ces crimes et de prendre les mesures nécessaires pour nettoyer les sites contaminés. Il a aussi exigé la publication des cartes topographiques révélant les emplacements des déchets radioactifs et des équipements enfouis. D’après lui, ces essais, qui ont coûté la vie à des milliers de personnes, continuent d’affecter les générations actuelles et futures, menaçant la santé humaine, la biodiversité et l’écosystème pour des milliers d’années à venir.
Lors d’une interview accordée à l’émission « Moussamiyat » de la Radio nationale, le Dr Touati a dénoncé la politique coloniale française en Algérie, en mettant particulièrement en lumière l’ampleur des explosions nucléaires. Il a souligné que ces essais ne se sont pas limités aux années 1960, mais que leurs effets sont toujours visibles aujourd’hui, sous forme de maladies incurables, de cancers et de malformations congénitales. Il a réfuté les affirmations françaises selon lesquelles ces essais auraient été réalisés dans des zones désertiques, soulignant qu’en réalité, des populations civiles ont été exposées aux radiations.
Dans son intervention sur les ondes de la Radio nationale, il a rappelé que la France a procédé à 57 explosions nucléaires, à la fois aériennes et souterraines, en utilisant des quantités massives d’explosifs. Certaines de ces explosions ont échappé à tout contrôle, affectant même les soldats français présents sur place. Ce drame, selon lui, constitue l’un des pires crimes de l’ère moderne, et ses séquelles resteront ancrées dans l’histoire de l’Algérie pour longtemps.
T. Feriel
