La Cour suprême clôt son dossier: Gleizes, grâce en vue

La décision rendue le 25 mai par la Cour suprême d’Algérie dans le dossier du journaliste français Christophe Gleizes, 36 ans, marque un tournant juridique et politique. En rejetant le pourvoi en cassation introduit par le parquet et en prenant acte du désistement de celui déposé par la défense, la haute juridiction a mis un terme définitif à la procédure judiciaire.
Sur le plan juridique, cette étape est cruciale. Le pourvoi en cassation constitue en effet le dernier recours possible dans la hiérarchie des juridictions algériennes. En l’absence de nouvelles voies de contestation, le dossier est désormais considéré comme « clos » au sens procédural. Cela signifie que la condamnation de Gleizes à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme », confirmée en appel, reste juridiquement valide et exécutoire. Toutefois, la clôture du débat judiciaire transfère désormais la responsabilité du sort du journaliste vers le pouvoir exécutif, et plus précisément vers le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, seul habilité à accorder une grâce.
Cette évolution ouvre donc la voie à une décision politique. La grâce présidentielle, prévue par la Constitution algérienne, est une prérogative discrétionnaire qui permet au chef de l’État d’effacer ou d’atténuer une peine, indépendamment du jugement rendu. Dans le cas Gleizes, les avocats Amirouche Bakouri et Emmanuel Daoud ont souligné que l’avenir de leur client relève désormais « des prérogatives du président ».
Cette évolution intervient dans un contexte marqué par un regain de dialogue entre Alger et Paris. Les visites officielles récentes des deux côtés ont remis sur la table plusieurs dossiers sensibles : restitution des avoirs bloqués, demandes d’extradition, coopération judiciaire et sécuritaire. Le cas Gleizes, hautement symbolique, s’ajoute à cette liste et pourrait devenir un signal politique fort.
Une éventuelle grâce présidentielle serait interprétée comme un geste d’apaisement, susceptible de faciliter les discussions sur les autres contentieux. Elle illustrerait la volonté d’Alger de montrer sa capacité à conjuguer fermeté judiciaire et ouverture diplomatique. G. Salima