Modernisation de l’agriculture : Repenser le modèle algérien

La Conférence nationale sur la modernisation de l’agriculture, tenue lundi à Alger, a mis en lumière la nécessité urgente de repenser le modèle agricole algérien à la lumière des expériences réussies dans les pays développés.

Les participants ont notamment insisté sur le développement des coopératives agricoles et la lutte contre le morcellement des terres, deux leviers essentiels pour stimuler l’investissement productif et répondre aux besoins nationaux en denrées alimentaires.
Lors des ateliers consacrés à la régulation du statut foncier et à la promotion de l’investissement rural, les experts ont souligné que les coopératives agricoles constituent le socle de la réussite de nombreux modèles agricoles modernes — à l’image de la France, du Canada ou encore des Pays-Bas — où elles permettent de mutualiser les ressources, de faciliter l’accès au crédit et de renforcer la commercialisation collective des produits.
En Algérie, cette structuration reste encore insuffisante, en raison notamment du morcellement excessif des terres et de la faiblesse des incitations économiques. Les participants ont proposé la mise en place de mécanismes de remembrement et de récupération des terres domaniales inexploitées, assortis de mesures de soutien au crédit et à la logistique.
Le directeur général de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) a, pour sa part, plaidé pour une meilleure valorisation de la recherche et de la production locale de semences, tout en prônant la création d’un réseau d’échanges entre agriculteurs du Nord et du Sud du pays.
L’accent a également été mis sur le rôle déterminant des ingénieurs agronomes dans l’accompagnement technique des exploitations, à l’image des dispositifs mis en œuvre dans les pays européens, où la présence d’un conseiller agricole par zone de culture est la norme.
Les ateliers dédiés à l’organisation des filières et au financement ont rappelé que le développement industriel lié à l’agriculture — notamment les unités de transformation — exige une coordination étroite entre producteurs et transformateurs, sur le modèle des chaînes agroalimentaires intégrées observées en Allemagne ou au Danemark.
Les intervenants ont par ailleurs recommandé une révision profonde des mécanismes de financement agricole, en élargissant la participation des banques privées et en favorisant les instruments de microcrédit et d’assurance, essentiels pour sécuriser les exploitations et renforcer la confiance des investisseurs.
Enfin, face au stress hydrique, les experts ont insisté sur la nécessité d’investir dans la recherche appliquée et l’agriculture de précision, en s’inspirant des technologies de gestion intelligente de l’eau utilisées dans les pays méditerranéens avancés, tel que l’Espagne.
Ch.G

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