Santé : De moins en moins de transferts à l’étranger

Le ministre de la Santé, Abdelhak Saihi, a annoncé ce vendredi, lors d’un séminaire international sur le cœur de l’enfant, que les efforts de l’État visant à améliorer la prise en charge des patients ont permis de réduire considérablement le nombre de transferts vers l’étranger pour des soins médicaux.
Selon M. Saihi, désormais, seuls cinq domaines de spécialité nécessitent encore ces évacuations, signe d’une capacité accrue des hôpitaux nationaux à gérer des cas complexes.
Ce renforcement du système de santé survient dans un contexte où l’Algérie cherche à limiter sa dépendance aux soins à l’étranger, notamment en France, où les factures liées aux traitements médicaux avaient longtemps alimenté une polémique sur les dettes hospitalières contractées par l’État algérien. « La sécurité sanitaire fait partie intégrante de notre souveraineté nationale, » a souligné le ministre, rappelant les engagements fermes du président Abdelmadjid Tebboune en la matière.
Par ailleurs, M. Saihi a annoncé le déploiement prochain de pôles sanitaires spécialisés dans tout le pays. Ces centres, destinés à offrir une prise en charge de proximité, visent à désengorger les patients des longues distances habituellement nécessaires pour accéder aux soins, notamment dans des domaines tels que la scoliose, qui sera bientôt traité dans des établissements d’Ain Benian et d’Oran. Le ministre a également mis en avant l’excellence de certains centres hospitaliers, comme l’hôpital de cardiologie pédiatrique de Mahelma, équipé des technologies médicales de pointe, qui servira de modèle pour le développement de structures similaires dans d’autres wilayas.
Cette annonce est quelque part une réponse apportée à la polémique sur des prétendues dettes algériennes envers les hôpitaux français. En effet, certains médias français ont évoqué 45 millions d’euros de dettes pour 2023, un chiffre repris par les porte-paroles de l’extrême droite française. De son côté, et dans un communiqué publié par l’APS, l’Algérie a rappelé que, de 2010 à 2019, près de 93,7 millions d’euros ont été transférés aux hôpitaux français pour régler les factures médicales. Entre 2020 et 2024, ce sont 23,2 millions d’euros supplémentaires qui ont été versés. « L’Algérie paye toujours ses dettes lorsqu’elles sont bien justifiées », lit-on dans le communiqué.
Toujours à ce propos, l’Algérie a dénoncé des abus des hôpitaux français qui marquent souvent « des patients à tort et à travers. Probablement des non-Algériens, sur le carnet de dette d’Alger », affirme-t-on. Pour Alger, ces erreurs et ces approximations justifient la nécessité d’une réunion de la commission mixte, réclamée depuis des mois, et sur laquelle l’Algérie insiste, afin d’apurer les comptes de manière précise et transparente.
À ce propos, l’APS souligne : « Cette réunion permettrait de déterminer les sommes exactes dues, et seulement celles qui sont justifiées ». De plus, une somme de 2,5 millions d’euros, correspondant aux frais d’hospitalisation entre 2018 et 2024, est notamment en attente de validation.
En outre, la dépêche APS a rappelé que les transferts de patients vers les hôpitaux français ont cessé : « L’Algérie ne transfère plus ses ressortissants vers les hôpitaux français ».
T.F
