Sécurité hydrique : Vers une couverture de 60 % des besoins en eau d’ici 2030

Sécurité hydrique
Vers une couverture de 60 % des besoins en eau d’ici 2030
Le secteur de l’eau en Algérie semble prendre un tournant décisif avec l’entrée en service de deux installations majeures. Selon le professeur et expert économique, Djelloul Slama, les nouvelles usines de dessalement, de « Cap Blanc » à Oran et « Fouka 2 » à Tipaza, chacune dotée d’une capacité de production de 300 000 m³ d’eau par jour, représentent un gain stratégique majeur pour le pays. Ces projets, dont d’autres sont prévus dans les prochains jours, marquent le début d’une ère de réalisations concrètes dès 2025, visant à répondre aux besoins croissants des grandes villes côtières en eau potable, en irrigation et pour l’industrie agroalimentaire.
Dans une intervention à l’émission « L’Invité du jour » sur la Radio nationale, Slama a souligné que ces infrastructures, érigées dans un contexte où l’Algérie, véritable microcosme d’un continent, fait face à une augmentation constante de sa demande en eau due à la croissance démographique, permettront de couvrir jusqu’à 42 % des besoins nationaux en eau pour l’usage domestique, agricole et industriel.
L’expert a mis en avant l’importance de maintenir ces acquis en investissant dans l’entretien et l’optimisation des coûts de production. Il estime que si la dynamique actuelle se poursuit, l’Algérie pourrait atteindre l’autosuffisance hydrique à hauteur de 60 % d’ici 2030, notamment grâce aux retombées directes sur 11 grandes wilayas côtières qui bénéficieront de ces projets.
Au-delà de ces installations de dessalement, le professeur Slama évoque la nécessité d’un virage vers une véritable « économie de l’eau et de l’énergie » intégrant des technologies de pointe. Il appelle à l’adoption de pratiques innovantes telles que le recyclage des eaux usées, la construction de stations de renouvellement de l’eau en partenariat avec le secteur privé, et le développement de projets de valorisation des ressources hydriques. Selon lui, une gestion optimisée de l’eau pourrait générer jusqu’à 4 milliards de dollars par an si les différents secteurs industriels y intègrent efficacement ces nouvelles technologies.
Par ailleurs, l’expert insiste sur l’importance d’investir dans les ressources en eau souterraine, qui nécessitent moins de traitements complexes, et sur l’exploitation totale du littoral algérien pour diversifier les sources d’approvisionnement.
Dans le contexte régional, alors que plusieurs pays du Maghreb peinent à financer de tels projets en raison de contraintes budgétaires, l’Algérie se démarque par sa capacité à mener à bien des infrastructures de grande envergure, renforçant ainsi sa position de leader régional en matière de gestion de l’eau.
T. Feriel
