A propos de l’Algérie : Cacophonie au sommet de l’Etat français

Le président de la République française a prononcé à partir du Portugal des propos apaisants censés atténuer cette crise dans les relations algéro-françaises, qui n’ont jamais atteint ce niveau de dégradation.
En effet, le locataire de l’Elysée a prôné « le respect » des accords signés avec l’Algérie, sans s’aligner totalement sur la récente offensive du gouvernement Bayrou, mais en se prônant une approche bien différente de celle de Bruno Retailleau, sans jamais le citer. Ce dernier a multiplié les déclarations à la presse depuis l’attentat de Mulhouse pour installer un « rapport de force » et faire pression sur le gouvernement algérien. « On ne peut pas se parler par voie de presse comme ça c’est ridicule, ça ne marche jamais comme ça, a notamment expliqué Emmanuel Macron en conférence de presse. Je souhaite qu’un travail de fond soit réengagé au service des intérêts des uns et des autres. Avec exigence, respect et engagement. »
Hélas, quelques heures à peine, après les propos d’Emmanuel Macron, son ministre de l’Intérieur a instruit les services de la police des frontières de refouler l’épouse de l’ambassadeur d’Algérie au Mali, en lui interdisant l’entrée sur le territoire français sous le prétexte qu’elle n’avait pas d’argent. Et pourtant l’épouse du diplomate était en règle, elle a présenté son certificat d’hébergement, un document d’assurance et la carte de crédit de son époux.
Une double provocation en direction d’Alger et surtout un désaveu du chef de l’Etat français. Pour Alger, les choses sont désormais claires, ce personnage qui a fait de l’Algérie son seul et unique programme électoral a décidé de jouer la carte de la rupture avec l’Algérie sur le dos de son président.
Ch.G
