Contrairement aux idées reçues: Les Algériens ne gaspillent pas beaucoup de nourriture

Selon quelques clichés, les Algériens gaspillent beaucoup la nourriture. Un phénomène non pas propre au mois de Ramadhan, mais qui existe durant toute l’année. Cependant, pour l’invitée de la Chaîne 3, cette idée toute faite est archifausse.
« Les études réalisées par l’Agence nationale des déchets (AND), en 2020 et 2022, pour la quantification du gaspillage alimentaire ou bien pour mesurer la quantité de déchets congénères au quotidien ont contredit les anciennes estimations donnant la poubelle algérienne composée de gaspillage alimentaire à hauteur de 30 à 50 % », a affirmé, hier, la Directrice générale de l’AND, Fatma Zohra Barça.
Selon l’oratrice, ces études ont révélé également que dans les zones steppiques et sahariennes, les déchets alimentaires ne sont pas jetés, mais donnés comme aliments aux différents animaux de ces régions.
Ces études ont permis aussi d’avoir des indicateurs en termes de consommation par ménage, a expliqué Mme Barça, car « il fallait savoir qu’elle était la consommation pour définir la quantité gaspillée ». Selon elle, une famille algérienne consomme, en moyenne, près de huit kilogrammes comme produits. Les boissons arrivent en première position, à hauteur de 29%, elles sont suivies par les fruits et légumes (25%), le lait et ses dérivés (14%), les pâtes (7%), les pâtisseries (7%), les viandes (7%) et les légumes secs (4%). « Ainsi, il y 8,65 % de ces aliments qui sont perdus », a-t-elle précisé.
La DG de l’AND a également révélé que la tendance en termes de quantité de déchets récoltés est en régression comparativement aux années précédentes. « Nous sommes dans une tendance de diminution de quantité de déchets. Comparativement aux années précédentes, nous avons remarqué sur le terrain que les quantités de déchets ne sont pas en amas et que le pain n’est pas aussi gaspillé et mis sur les chaussées, entre autres », a-t-elle affirmé.
Même si les premiers chiffres relatifs au mois de Ramadhan ne sont pas encore disponibles, elle s’est appuyée sur les chiffres des années antérieurs pour étayer ses propos, ainsi que sur la comparaison et l’évolution de la quantité des déchets d’une manière mensuelle.
Mme Barça s’est basée aussi sur les données récoltées à travers les derniers sondages réalisés par l’AND, juste avant le mois de Ramadhan, et qui ont démontré que les Algériens adoptent quotidien de plus en plus d’écogestes, en utilisant notamment des listes d’achats.
« On revient vers des pratiques écoresponsables et c’est ce qui nous permet de dire que nous sommes dans la stabilisation ou bien dans la régression des quantités de déchets. C’est le résultat du travail effectué durant les dernières années en matière de sensibilisation, car plusieurs acteurs, tous secteurs confondus, ont contribué à l’action de sensibilisation», s’est-elle réjouie.
T. Feriel

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