En finir avec les « quartiers‑dortoirs » : Vers des villes intégrées et durables
Invité de la Chaîne 3, Mohamed Mordjani, directeur général du logement au ministère de l’Habitat, de l’Urbanisme et de la Ville, a mis en avant la stratégie nationale visant à répondre durablement à la demande en logements tout en accompagnant l’urbanisation par la création de véritables villes intégrées.
Rappelons qu’à l’occasion du 64e anniversaire de l’indépendance, le président Abdelmadjid Tebboune a lancé une vaste opération nationale de distribution de 179.168 logements et aides, répartis sur l’ensemble des 58 wilayas. Une initiative qui illustre la volonté de l’État de garantir un accès équitable au logement, qu’il s’agisse du Nord, des Hauts‑Plateaux ou du Sud.
Mordjani a rappelé que le bilan des dernières années est significatif : entre 2020 et 2025, plus de 2,1 millions de logements ont été livrés, dont 395.000 pour la seule année 2025. L’objectif fixé pour la période 2025‑2029 est ambitieux, avec la réalisation de deux millions de logements, soit une moyenne annuelle de 400.000 unités. La loi de finances 2026 confirme cette orientation en prévoyant notamment 300.000 logements en location‑vente, 10.000 logements publics locatifs et 40.000 aides à l’habitat rural, financés intégralement par l’État qui prend aussi en charge les travaux de viabilisation et les infrastructures publiques.
Au‑delà des chiffres, le responsable insiste sur une nouvelle approche : il ne s’agit plus seulement de construire des logements, mais de créer des villes complètes offrant un cadre de vie équilibré. Le pôle urbain Taleb Ahmed Ibrahimi, inauguré à Rahmania dans la nouvelle ville de Sidi Abdellah, illustre cette vision. Avec ses 10.507 logements en location‑vente, ses établissements scolaires, structures de santé, services de sécurité, centres commerciaux et 14 hectares d’espaces verts, ce quartier incarne une urbanisation pensée dans sa globalité. Le coût global de ce projet atteint 62 milliards de dinars, soit entre 5,5 et 5,8 millions de dinars par logement incluant les infrastructures.
Mordjani a également insisté sur la nécessité de préserver ce patrimoine collectif. La gestion des parties communes est encadrée par une réglementation spécifique et les bénéficiaires sont appelés à contribuer activement à l’entretien des espaces verts, escaliers et équipements. Le ministère entend par ailleurs rompre avec l’image des « quartiers‑dortoirs » en synchronisant la réalisation des logements avec celle des équipements publics, afin que les nouveaux quartiers soient pleinement opérationnels dès leur mise en service.
Enfin, il a rappelé que l’accès au logement demeure fondé sur des critères transparents, reposant sur l’absence de bénéfice antérieur d’une aide de l’État ou de la propriété d’un terrain constructible. Le ministère prévoit la création de 47 nouveaux pôles urbains pour maîtriser le foncier et anticiper les besoins futurs, consolidant ainsi une planification urbaine cohérente et une politique de logement équitable pour tous les citoyens. M. Salah
