Industrie pharmaceutique locale : Saïdal en tête de proue

Le secteur pharmaceutique algérien connaît une progression remarquable, porté par les performances du groupe public Saïdal. Selon son directeur général, Abdelouahab Grimes, la production nationale de médicaments couvre aujourd’hui près de 76,8 % des besoins du marché intérieur, qu’il s’agisse des pharmacies ou des établissements hospitaliers.
Invité ce dimanche dans l’émission « L’invité du matin » sur la Chaîne 1 de la Radio nationale, M. Grimes a souligné la volonté des autorités algériennes de développer une industrie pharmaceutique locale capable de répondre à tous les besoins du marché. Cette mission stratégique est confiée au groupe Saïdal, seul acteur public disposant d’une expertise solide dans ce domaine.
« Saïdal dispose d’une expérience confirmée dans la fabrication de médicaments. Initialement spécialisé dans les génériques, le groupe a récemment élargi son champ d’activité en s’orientant vers la production de traitements complexes, notamment contre le diabète et le cancer. Saïdal s’engage également dans la production de vaccins et de matières premières destinées à la fabrication de médicaments stratégiques à court et moyen termes », a déclaré le directeur général.
En 2024, le groupe a lancé une stratégie de production de 135 médicaments génériques. À ce jour, les tests initiaux sur 35 de ces médicaments ont été réalisés avec succès. Leur enregistrement est en cours pour une commercialisation prochaine. Saïdal prévoit de doubler le nombre de produits fabriqués localement d’ici fin 2025, avec une gamme élargie de 60 à 70 médicaments.
« Nous travaillons avec des experts nationaux et internationaux pour développer ces médicaments. Nous comptons également lancer la production de médicaments biotechnologiques et chimiques destinés au traitement du cancer et d’autres maladies chroniques, tout en répondant aux besoins des hôpitaux et de la Pharmacie centrale », a précisé M. Grimes.
Objectif, médecine régénérative
Saïdal mise sur le développement de la production locale de matières premières, une étape clé pour garantir l’autonomie du secteur. Le groupe prévoit ainsi de produire, pour la première fois en Algérie, des principes actifs pour le paracétamol et l’aspirine, ainsi que des traitements pour les maladies cardiovasculaires.
La fabrication locale de vaccins contre la grippe saisonnière est également en cours, une avancée majeure dans le domaine de la santé publique. De plus, Saïdal prévoit de se lancer prochainement dans la production de médicaments vétérinaires et de traitements contre des maladies rares.
Le groupe Saïdal prépare également son entrée dans le domaine de la médecine régénérative. « Nous avons réalisé une étude approfondie sur les traitements par cellules souches et nous comptons lancer, dans les prochains mois, les premières phases de ce projet en Algérie », a révélé le directeur général.
Grâce à cette stratégie de diversification et d’extension, le chiffre d’affaires du groupe a connu une progression rapide, passant de 12 milliards de dinars en 2022 à 24 milliards en 2024. « Nous tablons sur une augmentation à plus de 35 milliards de dinars d’ici fin 2025, notamment grâce au développement des médicaments biotechnologiques », a souligné M. Grimes.
Les médicaments biotechnologiques, utilisés notamment dans le traitement du cancer et des maladies chroniques, sont à forte valeur ajoutée. Saïdal envisage de produire ces traitements dans son unité de production de Constantine, qui se prépare à lancer la fabrication de médicaments contre le cancer, l’hémophilie, et des vaccins.
Un autre projet stratégique concerne la production d’insuline de troisième génération. La phase de production expérimentale des stylos d’insuline débutera avant la fin du mois de Ramadhan, en partenariat avec un acteur étranger. « Cette production se fera progressivement, en fonction de la demande du marché national », a précisé le directeur général.
La réussite de cette stratégie passe par la capacité à produire localement aussi bien les principes actifs que les produits finis. L’usine de Médéa joue un rôle clé dans cette démarche, mais Saïdal reste ouvert à la coopération avec des partenaires nationaux et étrangers dans un cadre de partenariat gagnant-gagnant.
M.S
