Des cas ont été signalés sur quelques lignes Hausse : illégale des tarifs de bus en soirée
Depuis le début du Ramadhan, de nombreux usagers des transports en commun à Oran dénoncent une augmentation illégale des tarifs sur plusieurs lignes de bus, en soirée. La ligne 39, reliant Senia au centre-ville, est souvent pointée du doigt mais elle n’est pas la seule concernée. Une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux a mis en lumière cette pratique, où des chauffeurs imposeraient des prix allant bien au-delà du tarif réglementé.
Face à cette situation, les autorités ont décidé de sévir. La police d’Oran, en coordination avec la direction des transports de la wilaya, a lancé une série de contrôles pour lutter contre ces infractions. Des opérations de terrain sont menées et des descentes inopinées ont déjà permis d’identifier plusieurs contrevenants.
Pour les passagers, cette hausse nocturne est un fardeau supplémentaire en plein mois sacré. Abdelkader, un habitué de la ligne 39, témoigne : «Normalement, le ticket coûte 20 DA, mais après le f’tour, certains chauffeurs exigent 50 DA» Même constat pour Karim, un ouvrier qui termine tard : «A cette heure-là, il n’y a plus beaucoup de bus. Soit on accepte de payer, soit on attend une heure, voire plus. C’est du vol».
Abdenour, étudiant en sciences économiques, regrette un manque de réaction plus ferme des autorités : «Chaque année, c’est la même chose. Les chauffeurs savent qu’ils risquent une amende, mais comme les contrôles sont rares, ils continuent. On devrait avoir une application pour signaler ces abus en temps réel».
Avec la rareté des moyens de transport commun en nocturne, les taxis clandestins prolifèrent. Eux aussi profitent de la situation. Sofiane, un fonctionnaire, raconte son expérience : «J’étais bloqué à Haï El Sabah, pas un seul bus à l’horizon. Un clandestin m’a demandé 400 DA pour un trajet qui en vaut 150 en temps normal. J’ai refusé, mais j’ai dû marcher une bonne demi-heure avant d’en trouver un autre qui m’a pris à 300 DA».
Mohamed, un commerçant, est encore plus amer : «Le problème, ce n’est pas seulement les chauffeurs de bus, c’est tout le système. Il n’y a pas assez de transports en commun le soir, donc les clandestins en profitent. Ce n’est pas normal qu’en 2025, une ville comme Oran n’ait pas un vrai plan de transport nocturne».
Face à la levée des boucliers, la police a renforcé les contrôles et rappelle aux citoyens qu’ils peuvent signaler ces abus via plusieurs canaux : le numéro vert 15/48, la ligne de secours 17, ainsi que le service « Allô Police ». De lourdes sanctions sont promises aux contrevenants : des amendes élevées, et en cas de récidive, le retrait temporaire du permis de transport.
En attendant des solutions durables, les usagers espèrent que ces opérations permettront de rétablir un minimum de justice tarifaire.
O.A Nadir