Cessez-le-feu à Ghaza: Alger réclame un retour immédiat de la trêve

Depuis New York, l’Algérie a appelé, vendredi, par la voix de son représentant permanent auprès de l’ONU, Amar Bendjama, à un retour immédiat au cessez-le-feu dans la bande de Ghaza et à la mise en œuvre complète des termes de l’accord, violé par l’entité sioniste.
Lors de la réunion mensuelle du Conseil de sécurité consacrée à la situation au Moyen-Orient et à la question palestinienne, M. Bendjama a dénoncé la reprise des violences à Ghaza, décrivant des « images terrifiantes » de victimes palestiniennes. Selon lui, après l’accord de cessez-le-feu signé en janvier dernier, l’espoir de stabiliser la situation à Ghaza a été brisé par une nouvelle offensive de l’occupant. Il a précisé qu’en une seule nuit, plus de 400 Palestiniens ont été tués, dont 174 enfants, 89 femmes et 32 personnes âgées, tandis que 500 autres ont été blessés.
Le diplomate a rappelé que depuis le 7 octobre 2023, le bilan est tragique : plus de 17 000 enfants, 12 000 femmes et 2 000 personnes âgées ont été tués. Il a également signalé la mort d’un employé de l’ONU et de cinq travailleurs de l’UNRWA, accusant l’occupant de considérer désormais le personnel humanitaire comme une « cible légitime ».
Face à cette situation, M. Bendjama a insisté sur le fait que la protection des civils, l’accès humanitaire à Ghaza et le respect des principes de distinction et de proportionnalité « ne sont pas des options, mais des engagements ». Il a réitéré l’importance de revenir au cessez-le-feu et de respecter toutes les étapes de l’accord pour parvenir à une paix durable.
Par ailleurs, le représentant algérien a accusé l’entité sioniste de mener une stratégie de génocide non seulement à Ghaza, mais aussi en Cisjordanie. Il a évoqué des méthodes visant à « anéantir toute perspective d’un État palestinien » par des massacres, des expropriations, la destruction de maisons et l’expansion des colonies. En Cisjordanie, près de 900 Palestiniens ont été tués depuis octobre 2023, dont 180 enfants, et 4 000 autres ont été blessés. Plus de 40 000 Palestiniens ont été déplacés de force ces deux derniers mois, notamment à Jénine et Tulkarem, vidées de leurs habitants. Plus de 500 maisons et infrastructures ont été démolies à Jénine, tandis que l’expropriation des terres palestiniennes atteint un « niveau sans précédent ».
M. Bendjama a d’ailleurs dénoncé l’expansion massive des colonies : plus de 10 300 unités de logements sont en cours de construction, et 49 nouvelles colonies ont été implantées récemment. Il a également signalé que, pour la première fois depuis les accords d’Oslo, des ordres d’évacuation ont été émis pour des terres situées à l’ouest de Jénine.
A ce propos, le diplomate a dénoncé une « moyenne de 118 agressions par mois » commises par des colons, en violation flagrante des résolutions de l’ONU, notamment la résolution 2334.
M. Bendjama a affirmé que la poursuite de l’occupation reste « la principale source de souffrance » pour le peuple palestinien. Il a souligné qu’aucune sécurité réelle ne pourra être obtenue sans une solution politique basée sur la reconnaissance des droits du peuple palestinien et l’établissement d’un État souverain avec El-Qods comme capitale.
Ch.G
