Stockage céréalier : Le pilier de l’indépendance agricole

Le professeur Brahim Mouhouche, membre du Conseil supérieur de la recherche scientifique et des technologies, a souligné ce mardi, lors de son passage à l’émission « L’invité du jour » sur la Chaîne 3 de la Radio nationale, l’importance stratégique du stockage céréalier pour garantir la souveraineté alimentaire du pays.
Le projet de construction de 16 silos de stockage pour l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), dont la livraison est prévue avant la fin du premier semestre 2026, est présenté par l’expert comme une avancée majeure. Selon lui, un pays dépourvu de capacités de stockage se retrouve « doublement vulnérable » : sans réserves de sécurité en cas de crise et incapable de profiter des opportunités des marchés internationaux.
La stratégie nationale vise à couvrir environ neuf mois de consommation, réduisant ainsi la dépendance aux importations et renforçant la sécurité alimentaire.
Les précipitations abondantes de cet automne, inédites depuis une décennie, offrent des perspectives prometteuses pour l’agriculture. Alors que l’année précédente avait été marquée par une sécheresse sévère, cette saison apporte une situation inverse : des sols saturés d’eau, parfois au point de retarder l’accès aux champs.
Mouhouche rappelle que les agriculteurs ont besoin d’un équilibre : des pluies suffisantes mais aussi des périodes d’accalmie pour travailler leurs terres. L’expert se montre optimiste : dans 95 % des cas, la pluie est bénéfique pour l’agriculture. Il nuance toutefois en évoquant certains risques, comme l’avortement des fleurs en arboriculture lors de pluies printanières, mais insiste : « La pluie est toujours la bienvenue pour l’agriculteur ».
Le professeur Mouhouche a également mis en avant le rôle de l’État dans l’appui au secteur agricole. Avec près de 6 milliards de dollars inscrits dans la loi de finances et des subventions pouvant atteindre 50 % pour certaines productions, l’Algérie figure parmi les pays les plus engagés dans le soutien aux agriculteurs.
La facilitation de l’importation de matériel agricole, y compris d’occasion, devrait renforcer la mécanisation, indispensable pour améliorer la productivité et accompagner la transformation du secteur.
Ch.G

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