Homicide volontaire à Boutlélis: 15 ans de prison pour l’accusé
Le tribunal criminel a condamné B. Mohamed Seddik à 15 ans de réclusion criminelle pour homicide volontaire sur la personne de B. Abdelkrim, et acquitté A. Mouad, B. Ali et H. Tayeb.
Cette affaire qui remonte au 16 juin 2023, dont les faits se sont déroulés dans la commune de Boutlélis, a nécessité près de deux ans d’enquête. La présence d’un légiste à l’audience a été nécessaire pour clarifier certaines zones d’ombre. Avant l’ouverture du procès, le légiste et son assistante ont présenté un rapport au président et à la défense indiquant que la victime avait été évacuée de l’hôpital de Boutlélis vers les urgences du CHU, encore vivante, mais était décédée 24 heures plus tard. La cause du décès était un traumatisme crânien profond avec hémorragie.
Cependant, la cause exacte du traumatisme restait incertaine : s’agissait-il d’un coup ou d’une chute? La chute seule n’aurait pas provoqué ce décès, car la victime était tombée sur un terrain plat. Le légiste a écarté l’hypothèse d’un coup porté avec un objet car aucune empreinte n’a été trouvée sur le crâne de la victime.
Le principal accusé a déclaré que l’altercation qui l’avait opposé à la victime était liée à une précédente dispute, mais il a juré ne pas l’avoir frappée. Des voisins et membres de sa famille sont intervenus, et la victime a pris la fuite avant de tomber ou de glisser, ce qui aurait provoqué la blessure mortelle. Les autres trois mis en cause ont reconnu avoir participé à la dispute, mais chacun a donné une version différente des événements.
Les frères de la victime ont insisté sur la culpabilité du principal accusé, en affirmant que celui-ci avait utilisé un objet pour frapper leur frère. B. Houari dira avoir vu le prévenu frapper son frère avec un objet qu’il aurait ensuite remis à sa mère qui se tenait sur le pas de porte : «En évacuant mon frère à l’hôpital, il était conscient et il m’a assuré que Mohamed Seddik l’avait frappé». Une déclaration confirmée par le second frère de la victime, Saïd.
Dans leurs plaidoiries, les avocats de la défense ont plaidé la non-culpabilité de leurs clients, soulignant que la chute seule pouvait être la cause du décès et qu’aucune preuve n’avait été établie contre le principal prévenu.
Zemmouri L.
