Conseil des ministres : Cap sur les waqfs et la 5G

Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a présidé ce lundi une réunion du Conseil des ministres axée sur plusieurs dossiers stratégiques, dont un projet de loi relatif aux waqfs, le développement des réseaux 5G, la numérisation de l’administration publique et les résultats du Recensement général de l’agriculture.
A cette occasion, le Président Tebboune a insisté sur l’adoption de la numérisation à toutes les étapes du recensement des biens waqfs, afin de garantir une meilleure gestion de ce patrimoine relevant du secteur des affaires religieuses.
A ce propos, l’économiste Dr. Houari Tigharsi, invité, hier, sur la Chaîne 1 de la Radio nationale, a évoqué le potentiel du secteur des waqfs, en appelant à mobiliser les banques islamiques pour financer des projets à travers des instruments innovants, notamment les « sukuks waqfs » (obligations islamiques dédiées). Il a souligné l’importance de simplifier leur obtention pour attirer les capitaux, y compris ceux circulant dans l’économie informelle.
Dr. Tigharsi a également proposé la création d’un Fonds national waqf, destiné à centraliser les revenus du secteur et à les réinvestir dans des projets structurants, particulièrement dans les domaines de la santé et de l’éducation. Il a aussi plaidé pour le renforcement de la coopération entre le secteur public et les investisseurs privés dans le domaine des waqfs en encourageant, en outre, l’ouverture aux investissements étrangers, notamment en sollicitant le concours d’institutions islamiques internationales reconnues.
Par ailleurs, et dans le cadre du suivi du chantier national de la numérisation, la Haut-commissaire à la numérisation a présenté un exposé complet sur l’état d’avancement du projet. Le chef de l’État a fixé la fin de l’année 2025 comme échéance pour le recensement exhaustif des biens de l’État à l’échelle nationale, en vue de constituer une base de données centrale devant servir de référence à la préparation de la loi de finances 2026.
S’agissant du lancement des réseaux mobiles 5G, le Président Tebboune a ordonné la conduite d’études technico-économiques approfondies pour assurer un déploiement efficace, intégré et durable. Il a souligné l’importance de ce service pour accompagner le développement économique national et offrir aux citoyens un accès optimal aux technologies de pointe.
Le RGA pour la sécurité alimentaire
Cette décision stratégique souligne l’engagement des hautes autorités du pays à assurer un déploiement de la 5G qui soit non seulement technologiquement avancé mais également viable et bénéfique économiquement pour le pays. L’objectif principal est de garantir que l’opération soit « intégrée et efficace selon tous les critères technologiques et financiers », comme l’a précisé le communiqué du Conseil des ministres.
Cette annonce fait suite à une communication lors de la réunion du gouvernement du 19 mars 2025, qui avait déjà mis en avant les préparatifs du projet de lancement des réseaux mobiles 5G.
A cette occasion, le rôle de la 5G avait été souligné comme « un levier clé du développement économique et industriel en Algérie », capable d’améliorer significativement l’accès aux services publics numériques et d’accélérer la transformation numérique du pays.
Ainsi, l’arrivée prochaine de la 5G en Algérie est considérée comme une véritable révolution technologique. Avec ses débits ultra-rapides, sa latence réduite et sa capacité de connectivité de masse, elle représente une avancée majeure pour les infrastructures numériques. La 5G est appelée à ouvrir la voie à des applications stratégiques novatrices dans des secteurs vitaux, tels que l’agriculture, l’industrie, la santé, le transport et l’enseignement.
Pour garantir une transition réussie, le déploiement de la 5G se fera de « manière progressive », assurant ainsi « la pérennité financière des opérateurs et optimisant les coûts liés aux investissements nécessaires » pour cette transition technologique majeure.
Le Conseil des ministres s’est également penché sur les résultats du Recensement général de l’agriculture, considéré comme un outil fondamental pour la modernisation du secteur et la consolidation de la sécurité alimentaire. Le président Tebboune a demandé au ministère de l’Agriculture d’approfondir l’opération de recensement, en incluant la production agricole nationale par filière ; le nombre de têtes de bétail par catégorie ; la répartition géographique du cheptel ; l’évolution des périmètres irrigués ainsi que le nombre d’arbres fruitiers, avec un accent particulier sur les oliviers et les palmiers.
Ce travail devra servir de socle pour l’élaboration de politiques agricoles plus précises et efficaces, dans une perspective de souveraineté alimentaire durable.
Ch.G
