El Mohgoun : Une fratrie en prison pour un meurtre brutal

Le tribunal criminel d’appel a rendu son verdict mercredi dernier dans une affaire d’une extrême violence survenue à El Mohgoun. Quatre hommes, trois frères et leur cousin, ont été reconnus coupables d’homicide volontaire, de complicité et de non-assistance à personne en danger. Ils ont écopé de peines allant de huit à vingt ans de réclusion criminelle. Le principal accusé, B. Hadj Kaddour, a été condamné à la plus lourde peine pour avoir porté le coup fatal à la victime.
Les faits se sont déroulés le 2 mai 2022, vers 13h10, à El Mohgoun. Hadj Kaddour s’en est pris violemment à son voisin, H.H., en lui assénant des coups au visage et au corps. Il a également fait venir ses deux frères, Mohamed et Bouzaned, ainsi que leur cousin Adda. Une fois sur place, le groupe s’en est pris à H.Z, venu s’interposer. Le ton est monté et l’altercation a pris une tournure dramatique.
Au cours de l’agression, Hadj Kaddour s’est emparé d’un arrache-clou -outil contondant et dangereux- et l’a enfoncé avec force dans l’abdomen de H.Z. Pendant ce temps, les autres membres du groupe faisaient obstacle à toute tentative d’intervention ou de secours. Grièvement blessé, H.Z a été transporté d’urgence à l’hôpital d’El Mohgoun, où il a malheureusement succombé à ses blessures avant même de d’être pris en charge par les médecins.
L’enquête menée par les services de la Gendarmerie nationale a rapidement permis l’arrestation de deux des agresseurs. Le principal accusé avait, quant à lui, pris la fuite. C’est au moment où il tentait de quitter clandestinement le pays à bord d’une embarcation de fortune en direction de l’Espagne qu’il a été interpellé. Une panne survenue au cours de la traversée a permis aux garde-côtes d’intervenir, et à l’issue du contrôle, B.H. a été identifié, arrêté, et remis aux autorités judiciaires. Son cousin, Adda, se trouvait également à bord du bateau.
Devant les juges, Hadj Kaddour a reconnu avoir porté les coups mortels, tout en affirmant avoir agi seul. Selon lui, la victime et son frère l’auraient agressé alors qu’il se trouvait dans un parc public. Il affirme avoir été insulté, puis frappé à coups de pierres. Il ajoute que la victime et son frère s’étaient dirigés vers lui armés de barres de fer. C’est en trébuchant, selon ses dires, que H.Z. aurait laissé tomber son arme. Il s’en serait alors saisi pour le frapper à plusieurs reprises, avant de prendre la fuite, paniqué.
Il a évoqué comme origine du conflit un différend mineur : un survêtement prêté par son frère au frère de la victime. Selon lui, le refus de rendre ce vêtement aurait entraîné des tensions croissantes entre les deux familles, jusqu’au point de rupture. Il a également affirmé que son jeune frère avait été frappé en tentant de le récupérer, ce qui aurait envenimé la situation.
Mais cette version des faits a été balayée par un témoin clé. Celui-ci a affirmé que l’origine réelle du conflit n’était pas un vêtement, mais une somme d’argent importante que la mère de la victime aurait touchée après la vente d’une maison familiale. La rumeur selon laquelle la victime aurait perçu près de 200 millions de centimes aurait, selon ce témoin, éveillé des convoitises. Il a même révélé que l’un des agresseurs avait déjà exprimé l’intention de s’en prendre physiquement à la victime quelque temps auparavant.
Le frère de la victime a, pour sa part, confirmé que l’arme du crime appartenait bel et bien à Hadj Kaddour. Les autres accusés, eux, ont nié toute implication directe, prétendant avoir tenté de calmer la situation ou n’avoir rien vu.Face à la gravité des faits, aux témoignages accablants et au rapport d’expertise médico-légale, le représentant du ministère public a requis la peine de mort à l’encontre du principal accusé. Pour les trois autres mis en cause, il a demandé des peines de vingt ans de réclusion, estimant leur complicité manifeste.

Zemmouri L.

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