Filière des batteries électriques : Les ambitions de l’Algérie

L’Office de recherches géologiques et minières, une filiale du groupe public Sonarem spécialisé dans la recherche et l’exploitation minière a signé, hier, un protocole d’accord pour développer la filière lithium en Algérie avec le scientifique algérien de renommée internationale, le professeur Karim Zaghib. Pour rappel, le lithium est utilisé pour les batteries des petits objets électroniques tels que les téléphones portables ou les piles rechargeables.
La cérémonie de signature a eu lieu à Alger, sous la supervision du ministre d’État, ministre de l’Énergie, des Mines et des Energies renouvelables, Mohamed Arkab. Le partenariat avec la Sonarem et le ministère de l’Énergie vise à exploiter efficacement les gisements de lithium identifiés dans le sud du pays, ainsi que les réserves de phosphate des régions de Tébessa et d’Oued El Kebir. L’enjeu étant de créer une chaîne de valeur complète.
Dans un contexte mondial marqué par la transition énergétique et la course aux matériaux stratégiques, l’Algérie affirme son ambition de devenir un acteur clé dans la filière des batteries électriques. A cet effet, le Président Tebboune vient de confier une mission importante à Karim Zaghib pour piloter le développement de la filière du lithium, en collaboration avec le ministère de l’Énergie et la Sonarem.
Reconnu comme l’un des pionniers dans le domaine des batteries lithium-ion, Karim Zaghib cumule plus de 30 ans d’expérience en recherche et développement, notamment au Canada où il a dirigé des projets innovants pour des géants industriels. Ses travaux ont contribué à des avancées majeures dans le stockage de l’énergie, un savoir-faire précieux pour l’Algérie, qui dispose d’importantes réserves de lithium, de fer et de phosphate. Ces minerais, essentiels à la fabrication des batteries pour véhicules électriques et au stockage des énergies renouvelables, positionnent le pays comme un futur hub industriel et technologique.
Lors d’une réunion avec le chef de l’Etat, Karim Zaghib a présenté un plan ambitieux structuré en deux phases : la production d’acide phosphorique, dérivé du phosphate algérien, qui servira de matière première pour les composants de batteries et la fabrication de cathodes, élément central des batteries lithium-ion, nécessitant une combinaison de lithium, de fer et d’autres minéraux critiques.
Ce projet s’appuie sur une approche intégrée, depuis l’extraction des ressources jusqu’à la transformation locale, afin de maximiser la valeur ajoutée et réduire la dépendance aux importations. L’Algérie passera d’une logique d’exportation de matières brutes à une industrie de transformation, créatrice d’emplois et respectueuse de l’environnement. Une vision alignée sur les objectifs mondiaux de neutralité carbone, où les batteries propres jouent un rôle central. Ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification économique, alors que l’Algérie cherche à réduire sa dépendance aux hydrocarbures.
G. Salima
