Conflit israélo-palestinien: Le plaisir mortifère de l’inhumanité

Le monde en commun dont parle Hannah Arendt semble sombrer dans la banalité du mal. Le système médiatique français n’hésite pas à taxer d’antisémite des philosophes, comme Marx en 1860, qui critiquent la position juive par rapport à l’argent.
Freud, avec sa citation célèbre sur la Palestine, contribue également à cette réflexion. Marx et Freud analysent la question juive en déclarant : « Je ne puis sympathiser avec une piété mal dirigée qui transforme un morceau du mur d’Hérode en relique nationale, offensant les sentiments des autochtones palestiniens. »
Devant ce système médiatique, les gardiens de la pensée conforme traitent Marx, le philosophe juif, d’antisémitisme. Il serait utile d’examiner son essai « La Question Juive » publié en 1843, où Marx critique la religion, y compris le judaïsme, comme un produit des conditions sociales et économiques.
Il souligne que la religion masque les véritables problèmes sociaux et appelle à une critique radicale pour permettre une réelle émancipation.
Marx établit un lien entre le judaïsme et le capitalisme, notant que les Juifs sont souvent perçus comme des représentants de ce dernier à cause de leur rôle dans le commerce et la finance. Cependant, il ne prétend pas que les Juifs soient intrinsèquement capitalistes, mais critique les stéréotypes associés à cette vision.
Concernant l’émancipation, Marx soutient qu’elle doit aller au-delà de la simple émancipation politique.
Elle nécessite une transformation sociale radicale, plaidant pour une société où les individus sont définis par leur humanité commune, et non par leur religion ou origine.
Aujourd’hui, la pensée critique est souvent noyée dans la réification et l’essentialisation du discours. Les philosophes chéris des médias, comme Finkielkraut, incarnent un racisme qui se complait dans la « soft barbarie », encensant les idéologues de l’essentialisme.
Cette élite, sujette à des blessures narcissiques, favorise l’inhibition et l’impuissance d’agir. La tyrannie de l’ethnocentrisme, conjuguée au rejet de l’altérité, aggrave le climat intellecticide, masqué par une modernité liquide.
Ce trompe-l’œil permet à l’idéologie dominante de maintenir une caste de « chiens de garde », comme l’indiquait Paul Nizan. Les ardeurs totalitaires trouvent leur place dans la « stratégie de la vaseline », selon Frédéric Lordon, qui souligne que la résurrection pacifique ne doit pas être soumise à des compromis.
Enfin, en examinant les positions des philosophes français, notamment Finkielkraut, il est essentiel de reconnaître que ses idées exacerbent les tensions sociales.
Vouloir imputer le malaise social à une communauté immigrée, tout en créant une confusion entre insécurité islamiste et racisme, est problématique. Pendant une décennie, la France n’a pas eu de position claire sur l’islamisme rampant, entraînant des conséquences pour la population.
À mon sens, un sursaut ne peut éclore que si les gens réfléchissent ensemble sur les pathologies de la démocratie, afin de faire émerger « la clinique de la dignité ».
Adnan Hadj Mouri
