Apologie du terrorisme: Prison ferme pour un Malien et deux Algériens
Le tribunal criminel d’Oran a condamné H. Brahim, ressortissant malien âgé de 26 ans, ainsi que O. Kunta Mohamed et L. Aboubakr, tous deux âgés de 25 ans et originaires de Bordj Badji Mokhtar, à quatre et trois ans de prison ferme pour apologie du terrorisme, voyage à l’étranger en vue d’un entraînement à des actes terroristes et diffusion d’idéologies extrémistes via les réseaux sociaux.
Selon les services de sécurité, les suspects avaient été interpellés le 18 octobre 2023 dans le cadre d’une enquête sur des activités suspectes liées à l’apologie du terrorisme.
Lors de l’enquête, le principal accusé, H. Brahim, a déclaré être né au Mali d’un père algérien et d’une mère malienne. Il a vécu au Mali jusqu’en 2006, avant de s’installer à Bordj Badji Mokhtar. En 2015, il est retourné brièvement au Mali et sur le chemin du retour, il a rencontré un certain Ahmed le Targui, présenté comme chef du mouvement armé de l’Azawad, actif dans la ville de Kidal, au Mali.
Ce dernier lui aurait proposé de rejoindre les rangs du mouvement, engagé dans la lutte pour l’autonomie de Kidal. H. Brahim aurait accepté et a été conduit, avec d’autres jeunes, dans un camp d’entraînement. Il y aurait reçu une arme semi-automatique et des munitions. Toutefois, a-t-il ajouté, les conditions de vie dans le camp l’auraient poussé à fuir vers Bordj Badji Mokhtar, puis à Ghardaïa, où il aurait vécu quatre ans en tant que berger et agriculteur.
C’est à Ghardaïa qu’il aurait rencontré un certain «Arma», ressortissant nigérien entré clandestinement en Algérie, qui lui aurait proposé de rejoindre un autre groupe armé, «El Moudjahidine Fi Sabil Allah». Il a également affirmé avoir rencontré Kunta à Bordj Bou Arréridj, où ils auraient visionné ensemble, via des applications comme Telegram, des vidéos à caractère djihadiste. Entendus à leur tour, O. Kunta Mohamed et L. Abou Bakr ont nié en bloc les accusations portées contre eux.
Devant le tribunal criminel, les trois prévenus ont nié toute appartenance à un réseau terroriste, reconnaissant toutefois avoir visionné des vidéos à caractère extrémiste sur certaines plateformes, et admis qu’il est «possible» qu’ils en aient partagé certaines «sans en mesurer la portée».
Le représentant du ministère public a requis la peine maximale à leur encontre, tandis que la défense a plaidé les circonstances atténuantes pour H. Brahim, et la non-culpabilité pour les deux autres accusés.
Zemmouri L.