Tourisme : Comment améliorer l’attractivité d’El Bahia

Oran a tous les atouts pour devenir une grande destination touristique. Pour y parvenir, une approche holistique combinant modernisation, préservation du patrimoine et innovation marketing est essentielle. L’implication de tous les acteurs -citoyens, entreprises et institutions- sera la clé d’un tourisme durable et compétitif. En misant sur son identité, Oran peut briller sur la scène touristique mondiale.
C’est ce qu’affirment des professionnels rencontrés à l’occasion de la 15e édition du Salon international du tourisme, des voyages, du transport, des équipements, ainsi que des services liés à l’hôtellerie et à la restauration, qui se tient au Centre des conventions Mohamed Benahmed.
Située sur la côte nord-ouest de l’Algérie, Oran possède un riche patrimoine historique, culturel et naturel. Pour transformer la ville en une destination phare de la Méditerranée, plusieurs axes doivent être prioritaires. Le premier axe vital est la modernisation des infrastructures. «Il s’agit d’améliorer la connectivité aérienne et développer les transports publics (lignes de bus touristiques, taxis régulés). Oran doit aussi diversifier l’offre en hôtels écoresponsables, maisons d’hôtes et rénover les établissements existants», estime un propriétaire de cinq établissements hôteliers à Oran. «Le secteur a besoin d’une facilitation des démarches administratives (visas électroniques) et promouvoir des forfaits voyages clé en main», souligne de son côté le propriétaire d’une agence de voyage.
L’autre axe concerne l’écotourisme. Un cadre exerçant dans l’office national du tourisme (ONT) a insisté sur «la promotion des parcs périurbains (Murdjadjo) et des réserves naturelles». L’idée est aussi, selon ce dernier, de «sensibiliser les acteurs locaux au zéro plastique et soutenir les initiatives d’agrotourisme». Notre interlocuteur évoque également la nécessité de renforcer la communication et le marketing. «L’idée est de créer une plateforme touristique multilingue et d’utiliser les réseaux sociaux (vidéos immersives, influenceurs locaux). Ce cadre de l’office du tourisme évoque aussi le besoin de s’associer avec des tour-opérateurs internationaux et de participer à des salons mondiaux du tourisme.
L’autre point est la valorisation du patrimoine culturel et historique. «Il y a un besoin urgent de restaurer les sites emblématiques à l’image de la Casbah, du Fort Santa Cruz et du Palais du Bey. Il faut également créer des circuits guidés thématiques», insiste de son côté un militant d’une association de la préservation du patrimoine. Pour ce dernier, le secteur doit miser sur les festivals, l’organisation d’événements pluriculturels (théâtre, cinéma) et promouvoir la gastronomie locale (makrout, karantika…). «Il faut moderniser les expositions avec des outils numériques et ouvrir des espaces dédiés à l’histoire maritime de la ville», estime ce militant qui évoque enfin, l’idée de «développer le tourisme durable et lutter contre la pollution».
G. Salima
