Transition inclusive et durable en Syrie : Alger interpelle le Conseil de sécurité

Lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée à la situation en Syrie, le Groupe A3+ (Algérie, Somalie, Sierra Leone et Guyana) a lancé vendredi un appel en faveur d’une transition politique inclusive, affirmant que la paix durable en Syrie dépend de l’engagement de toutes les composantes de la société syrienne.
S’exprimant au nom du groupe, l’ambassadeur d’Algérie auprès des Nations unies, Amar Bendjama, a rappelé que toute transition doit être « menée et appropriée par les Syriens eux-mêmes », conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité. Il a insisté sur le rôle indispensable des Nations unies dans cet accompagnement et sur la nécessité de préserver l’indépendance de ses agences sur le terrain.
Les A3+ ont salué l’annonce récente d’un nouveau gouvernement de transition et ont exprimé leur espoir que les prochaines étapes garantiront un processus véritablement inclusif, en insistant sur l’importance de l’autonomisation des femmes, des jeunes et des communautés dans la reconstruction nationale.
Appelant à privilégier le dialogue et la réconciliation pour résoudre les différends, le groupe a également exhorté à la dissolution des factions armées et à leur intégration dans une armée syrienne unifiée, condition indispensable selon lui pour instaurer un environnement sécuritaire stable.
Sur le plan judiciaire, M. Bendjama a plaidé pour que les auteurs de violations du droit international humanitaire soient tenus responsables, soulignant que la justice et l’obligation de rendre des comptes sont essentielles à la réconciliation nationale.
Le diplomate algérien a aussi dénoncé les violations répétées de la souveraineté syrienne par l’entité sioniste, qualifiant ces incursions de « violations du droit international » et appelant à leur cessation immédiate. Il a réaffirmé que le plateau du Golan demeure un territoire syrien, conformément à la résolution 497 (1981).
Sur le plan humanitaire, M. Bendjama a dressé un tableau sombre de la situation : l’augmentation des besoins, aggravée par les sanctions unilatérales, a accentué la détresse des civils, malgré le retour de plus de 1,5 million de déplacés depuis novembre 2024. Il a appelé les donateurs à honorer leurs engagements et plaidé pour la levée des sanctions, estimant que leurs justifications ne sont plus valides.
Pour l’avenir de la Syrie, l’A3+ a insisté sur la nécessité d’un soutien international durable, centré sur la sécurité, la relance économique et une gouvernance inclusive. M. Bendjama a mis en garde contre toute initiative susceptible de compromettre le processus de transition, appelant la communauté internationale et le Conseil de sécurité à rester unis pour soutenir le peuple syrien.
T. Feriel
