Agents ennemis dormants : L’Algérie est-elle à l’abri des « sayanim » ?

L’agression sioniste contre l’Iran a été autant marquée par des frappes aériennes massives au sol iranien que les opérations ciblées menées par plusieurs cellules d’agents contre des personnalités militaires et scientifiques de premier ordre. Dans ce contexte, l’Algérie observe avec vigilance la recrudescence des activités hostiles, d’autant plus que des réseaux d’espionnage ont récemment été démantelés grâce à l’extrême vigilance de ses services de sécurité.
Face à des menaces sionistes ouvertement exprimées, l’Algérie est-elle à l’abri ? Le pays fait face à des menaces périphériques directes. Il s’agit d’abord du front ouest avec un Makhzen sous-traitant de Tel-Aviv, notamment depuis les Accords d’Abraham, impliqué dans des affaires d’espionnage contre l’Algérie. En effet, en septembre 2024, quatre ressortissants marocains ont été arrêtés à Tlemcen pour « intelligence avec un pays étranger » dans le but de « porter atteinte aux institutions sécuritaires algériennes ». Sur le front est, le maréchal Haftar en Libye, soutenu par les Émirats arabes unis, constitue une menace sécuritaire persistante. Ses offensives répétées sur Tripoli déstabilisent toute la région. Au sud, l’Alliance des États du Sahel (AES), sous influence émiratie, pourrait servir de relais à des intérêts hostiles contre l’Algérie.
Face à ces périls, l’Algérie a mis en œuvre un arsenal défensif puissant avec des boucliers à la fois, doctrinaux, diplomatiques, juridiques et sécuritaires avec un contre-espionnage puissant et une prompte réponse judiciaire. L’Algérie a, en effet, renforcé ses capacités de détection et de prévention avec notamment le démantèlement de cellules de déstabilisation. Plusieurs réseaux liés à des puissances étrangères ont, récemment, été mis à jour, dont un complot français visant à recruter un Algérien pour « servir des desseins hostiles ». De plus, la législation de protection de la nation face aux menaces est très forte. Le code pénal prévoit des peines maximales pour espionnage et la réclusion à perpétuité pour intelligence avec l’étranger et la peine de mort pour haute trahison ou atteinte à la sûreté de l’État.
Le risque d’implantation de « sayanim » est réel, comme l’a montré l’affaire de Tlemcen. Des acteurs étrangers pourraient tenter de verser dans l’instrumentalisation et la désinformation et le danger d’éléments perturbateurs et d’hommes de main est grand avec l’arrivée massive des migrants irréguliers à travers les frontières Sud. La menace est également interne avec la présence de voix discordantes qui ont été trahies par l’affaire Sansal et Belghit.
Par ailleurs, un scénario impliquant simultanément des provocations marocaines à l’ouest, des tentatives de déstabilisation via la Libye à l’est, et des troubles dans le Sahel n’est pas à écarter. Ces atouts sont corrélés par une conscience historique marquée par une mémoire collective des luttes anticoloniales et un refus ferme et catégorique de toutes velléités d’ingérences étrangères. Ainsi, la vigilance est érigée comme doctrine fondamentale. L’Algérie n’est pas l’Iran, mais les similitudes dans les méthodes sionistes et leurs relais régionaux imposent une vigilance maximale. Si le pays dispose d’outils défensifs solides et d’un arsenal juridique dissuasif, avec des services de contre-espionnage efficaces et d’une légitimité anti-impérialiste, le renforcement du front interne reste crucial.
Salima. G
