Délivrance des fatwas : Belmehdi avertit sur l’IA

Le ministre algérien des Affaires religieuses et des Wakfs, Youcef Belmehdi, a mis en garde, ce mardi au Caire, contre une utilisation non encadrée de l’intelligence artificielle (IA) dans les domaines de l’orientation religieuse et de l’émission de fatwas, estimant qu’elle « ne peut en aucun cas remplacer l’esprit du mufti humain ».
Intervenant à la séance inaugurale du 10ᵉ Congrès mondial de l’Iftâ, organisé par la Maison de la Fatwa égyptienne et le Secrétariat général des instances de fatwa dans le monde, M. Belmehdi a reconnu que les outils d’IA offrent des opportunités inédites pour améliorer l’efficacité et la rapidité du travail religieux. Toutefois, il a insisté sur la nécessité de « fixer des règles claires et rigoureuses » pour prévenir les dérives juridiques et éthiques.
Selon lui, « l’IA, aussi performante soit-elle, ne possède pas les instruments d’ijtihad, la compréhension des objectifs de la charia, ni la perception des réalités complexes de la vie humaine ». Le « mufti éclairé » du XXIᵉ siècle, a-t-il ajouté, doit conjuguer authenticité et modernité, science et piété, tout en restant attentif aux évolutions sociales, culturelles et technologiques.
Le ministre a notamment appelé à maintenir une supervision scientifique continue par des savants reconnus ; garantir transparence et responsabilité ; respecter la diversité des écoles juridiques et renforcer la culture du recours aux oulémas fiables.
Il a également plaidé pour le développement de plateformes internationales de coopération et d’échange d’expériences, en particulier dans le domaine numérique, afin de bâtir un avenir plus sûr et crédible pour l’activité de fatwa. Le congrès, qui réunit pendant deux jours plus de 70 pays, se penche sur les moyens de moderniser l’émission de fatwas et de consolider leur rôle sociétal face aux mutations technologiques.
Ch.G
