Assises nationales de lutte contre le cancer : Cap sur la prévention

Les Assises nationales de prévention et de lutte contre le cancer se sont ouvertes ce samedi à Alger, avec un message clair porté par les participants : l’urgence de mettre en place une stratégie nationale globale, où la prévention constituerait le pilier central pour réduire de moitié le nombre de nouveaux cas à l’horizon 2035.
Dans une déclaration à l’APS, le Pr Adda Bounedjar, président de la Commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer (CNPLCC), a indiqué que l’objectif principal de ces assises est de formuler une feuille de route nationale de lutte contre le cancer pour la période 2025–2035. Cette stratégie s’appuiera sur les recommandations issues des sept ateliers thématiques tenus en marge des travaux, avant d’être soumise à l’examen du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Selon le Pr Bounedjar, la prévention représente la « pierre angulaire » de cette stratégie, avec un potentiel de réduction de 50 % des cas grâce à une approche proactive et structurée.
De son côté, le Pr Kamel Sanhadji, président de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire, a abondé dans le même sens, soulignant l’importance de cette initiative au moment où le cancer continue de se propager à l’échelle mondiale. Il a insisté sur la nécessité d’une analyse scientifique approfondie des causes de la maladie et d’une mobilisation accrue autour de la prévention des facteurs de risque, tels que le tabagisme, la pollution, les mauvaises habitudes alimentaires, la sédentarité et l’exposition aux substances chimiques. Il a également mis en avant le rôle clé de la sensibilisation citoyenne, notamment sur l’importance d’une alimentation saine, appelant à un changement des habitudes actuelles en faveur d’un mode de vie plus équilibré.
Quant à Hamida Kettab, présidente de la Fédération algérienne des associations de patients atteints de cancer (FAAPAC), a exprimé les forts espoirs nourris par les patients vis-à-vis de ces assises. Elle a salué les efforts consentis par l’État, comme la mise en place de 21 Centres anti-cancer (CAC) et la création d’un Fonds spécial dédié à la prise en charge des malades. Toutefois, elle a pointé les carences dans le système de prise en charge, plaidant pour une stratégie nationale cohérente qui organise et optimise l’utilisation des ressources disponibles, de la prévention et du dépistage précoce jusqu’à l’accompagnement post-traitement.
T. Feriel
